‹ Dernières chansons de P.J. de Béranger, 1834 à 1851 (volume 2)Chapitre 134 sur 136 · LES ADIEUX A LA GLOIRE · texte numérisé non relu

LES ADIEUX A LA GLOIRE

AoTE XCVin. — A In (laie. — Le fond de misanthropie qu'on peut remarquer dans cette chanson est justifié par l'apathie nationale qui existait à l'époque où elle fut faite et par les nombreuses défections que l'opposition eut à essuyer de la part d'hommes (]ui sollicitèrent ou consentirent à recevoir les faveurs de la cour de Louis XVIIl. On peut, entre autres, citer le général Rapp, qui fut décoré d'un titre de garde-robe. On conçoit qu'une fois que Déranger eut reconnu que les Bourbons ne pouvaient faire que le malheur de la France, il ait regardé avec une sorte de colère les hommes qui, en se rapprochant d'eux, diminuaient les forces du parti national. {Noie de Béranger.)

LES DEUX COUSIî^S

Note XCIX. — Au litre. — Le peuple de Paris n'a jamais cru, bien généralement, à la légitimité de la naissance du duc de' Bordeaux. Le procès-verbal de l'accouchement de la mère était propre à faire naître des doutes. Bien des personnes placées haut les <int eus. L'enfant du miracle pouvait être l'enfant de la fraude. On peut donc être surpris que Béranger n'ait pas mis à profit ce côté de l'événement qui prêtait si bien à la chanson; mais presque tous ces couplets politiques ont. été le fruit de la réllexion. 11 avait calculé qu'un jour ou l'autre cette famille serait renversée, et il ne croyait pas que cet enfant pût jamais arriver au trône. Il regardait donc comme utile qu'un rejeton de la race dite légitime existât quelque })arl, pour que celui qui serait appelé au trône, par suite d'événements probables, lût bien évidemment dans \v, cas d'usurpation au ]ioint do vue légitimiste, ce qui devait être avantageux au principe do la souveraineté ]io])ulaire, principe que Béranger a toujours jirofessé. C'était suitout dans le cas on la ])ran(;he d'Orléans arriverait au trône que ce représentant de la légitimité paraissait nécessaire au chansonnier. Voilà ce qui le détermina à ne pas chicaner la naissance miraculeuse du duc de Bordeaux, au T'isque d'exposer sa chanson à être reçue plus froidement qu'elle ne l'aurait été, faite dans le sens qui eût h; plus ilatté la malignité publique. Il ne faut pas croire que ce soit la seule fois qu'il ait soumis ses iuspiiations à un examen aussi approfondi.

Dans le second couplet il est question de l'eau ûw Jourdain, dont

on prétend que M. de Chateaubriand offrit une liolo ponr le l)aptême du roi de Borne. Le fait n'est peut-être pas exact; mai? le trait qui en résulte est trop peu mordant pour qu'on ail cru néressair'e de s'assurer de la vérité historique.

Béranger n'a point cessé d'admirer le talent de l'auteur d'Alaltf, et crut toujours qu'on devait une sorte de respect à l'homme supérieur qui s'égare. Le parti royaliste n'usa jamais d'une pareille réserve : il faut en excepter M. de Chateaubriand, qui donna à cet égard de véritables preuves de supériorité. (Note de Bérotifier.)

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