‹ Dernières chansons de P.J. de Béranger, 1834 à 1851 (volume 2)Chapitre 28 sur 136 · LE JEUNE HOMME · texte numérisé non relu

LE JEUNE HOMME

('liacuu, aux voûtes élliérées, Veut i'avoii" vu planer cent l'ois.

Oui, tu sais plus que nos vieux sages. Sur ton passé rouvre les yeux.

Raconte-moi tous tes voyages ; Apprends-moi le secret des cieux.

LE VIEU.L.Vr.D.

L'homme qui s'adapte ces aile>

Jamais ne se reposera.

Il lassera les hirondelles;

Plus haut (|ue l'aigle il ])1ong(Mii.

TenliM' leur élan solitaire

Fut un projet qu'en valu je lis.

Ma mère avait hesoin sur lei-re.

Pauvre aveugle, du bras d'uu (ils.

Elle mourut; mais mon ïsaure.

Qui charma ses dei'uiers moments, M'apprit (pi'un chaume (pi'on iguoi'e Vaut un monde pour deux amants.

jJans nos jeux je demandais grâce,

DE bi:ua.\(;l:ii.

J.(>is(|U(' Isaui't', ;m souris vermeil,

A ces ailes faisait menace

De m'allacher dans mon sommeil.

Notre bonheur s'accrut dans l'ombre:

Car, sous ces bosquets de jasmin, De vrais amis, en petit nombi'e, Accouraient nous presser la njain.

Plaisirs partagés sont fidèles.

Aimer, aimer, lut notre loi; Et j'ai laissé dormir les ailes Qui ne pouvaient ravir ({ue moi.

Enlin, né voisin d'une classe Où pullulent les malheureux, J'aidais à remplir leur besace ; J'allais jusqu'à glaner pour eux.

Perdus dans vingt sentiers contraii'es, Ils se guidaient à mon flambeau.

Ces infortunés sont mes frères, Je dois partager leur tombeau.

Ll<; JEUî\E HOMME.

Quoi ! poui- l'uii- ce globe de fange, Tes ailes ne t'ont point servi I Et contre toi, vieillard étrange, L'ire du ciel n'a pas sévi !

Lègue-moi ces ailes sublimes.

Et jusqu'à Dieu mon vol atteint, Dussé-je, aux célestes abîmes, Mourir sur un soleil éteint;

HG DElîXlÈnES CHANSONS

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