‹ Dernières chansons de P.J. de Béranger, 1834 à 1851 (volume 2)Chapitre 33 sur 136 · LA TOURTERELLE · texte numérisé non relu

LA TOURTERELLE

Quoi! les papillons sont constants!

Et c'est nous qu'on prend pour modélt^ Même il se peut qu'ils soient fidèles : Le papillon vit peu d'instants.

Fiez-vous donc aux vieux adages!

lU; DEV.MÈUES CHANSONS

Les tourterelles sont volages, Et les papillons sont constants*'.

LA GUERRL

A UN A M] \ii; (lu vaudcvilli^ de la i'clito (iouvonianlo.

Mon vieil ami, dans ma retraite, Près (tes bois, demain, j(^ t'attends.

Viens faire un diner de eliamlirelle, (iomme aux jonrs de noire jHinlemps.

" Pigeons, colomljcj, toiirteielles, après un mûr examen, ne répondent nuUemenl à l'idée qu'on s'esl faite de leur (onslanee en amour, m'ont as.>un'' des observateurs scrupuleux, entre autres plusieurs dames. La poésie seule, toujoui'> disposée à entretenir le», vieilles erreurs, fait encore de ces oiseaux des symboles de lidélilé matrimoniale.

(Jnant an papillon, sans doute parce que les anciens en onl fait la représentation de l'àme liumaine, la poésie l'a accusé et l'accuse encore d'inconstance : c'est une calomnie. Ces jolis insectes vivent, sans promiscuité, daii> une union conjugale dont les hommes donnent trop ))en d'exemples. Au milieu d lin essaim de leurs pareils, le mâle cliercbe toujours l'objet i!c son uiii(iue et pi'('iiii(>r choix, l'n i)etit papillon blanc est si!;l(iM( rciiii'.r.jiialile par l'intimité de chaque cou])le. Voyezv(.iis l'un des deux; l'antre csl Innt in'ès, soy(>z-(Mi sfir. Dans Iriir v(d, il> ne s'i''(:iilriil (|ii(' jtoiir sc ra pproilier. C'est en les id)scr\;iiil ijui' i'.ii coiicn .'idi'c de iN'Ialilir leur M'piil'ilion, an

DE BERAiNGEn. 117

INous jaserons de mainte chose :

Des gens de cour, de Témeutier:

Des vers et surtout de la prose, Reine aujourd'hui du monde entiei'.

Puis nous parlerons de la guerre :

L'aurons-nous? ne Taurons-nous point?

vSui' le journal, je ne vois guère Que des rois nous montrant le poing Tout en prévoyant des batailles.

De pitié pourtant je souris Quand je pense aux tristes murailles Qui vont emprisonner Paris.

Ah ! pour sauvoi- la ville sainte. Fiez-vous au peuple d'en bas ; Que, bien armé, dans son enceinte, Il veille et reste Tarme au bras.

Quel traître devant ses cohortes, Paris bien ou mal retranché.

Oserait en livrer les portes, Fû!-il Talleyrand ou Foiiclié?

(Juerroyer lut notre manie ; Mais aujourd'hui je reconnais Qu'on doit mater la félonie^ Dt' l'oppressfMU" des Polonais.

i-isque ilo contraindre l'hlrolo de l'ourier de donner nn anln nom à la passion que le niaîlre a appelée la papillomu', {yolr lie Béranger.)

lis DERMERES CHANSONS

Non moins Célon, T Anglais si rogne Voudrait bien, encor cette fois, Nous endormir avec la drogue Qu'il ne peut plus vendre aux Chinois.

Anglais, bien (|ue nous tromper serve A désenimyer ton oi'gueil, Mieux vaudrait voguer de conserve :

Tu dois craindre plus d'un écueil.

Tes possessions, que sont-elles?

Des cerfs-volants que lient la main, [/aquilon rompra leurs ficelles.

Prends garde : il peut souffler demain.

Qu'avec honneur nous lierce encore La Paix, mère de tous les biens.

Dans les camps pourraient nous écloiT De trop redoutables souliens.

La gloire est là si despotique!

.Nul éclat au sien n'est pai-eil.

0 liberté 1 Ion aibre antique (Iroîl mieux à l'ombre qu'au soleil.

.\nii, (|u"en dil-oii à la ville? Héjionds, écho digne de foi.

Dans les bois que l'autonuie épilc, \ iens-eii deviser avec moi.

Viens, tandis qu'un peu de feuillage Du froid cache encor le retour.

.\h ! (pi'il esl loin, cet hemtMix âge (lu nous ne p.Ti lions ipie d'nmoui'!

DE bi:ra.n(;ëh. h'»-

(;i]TENBEU<;

\ M\J. LES STRASBOUllGEOlS

nui, \:\ ]<S'iO. m"ont invité a la .voi.iiiVNiTiî pi: i/inai guiiai ion ne i,A STATU!-: exécutée pais davip.

\ii; (lu vaudeville de la Petite tlouvoniaiito.

Messieurs, pitié pour ma vieillesse !

(Tesl en vain que votre cité, Glorieux berceau de la presse, M'appelle à sa solennité, (ilarder mon coin vaut mieux, me seml)le, (Jue, vieux et pauvre pèlerin, M'en aller d'une voix qui ti (-ml)!!' Attrister les échos du Rhin.

Eh 1 n'aiirez-voiis pas Lniiiirline.

Le |)oëte qui nous ravit !

Les nobles vers (pril vous destine* De ses travaux-paieront David **.

(nilenberg, s'il voit sa statue, S'il «Mitend Thyume harmonieux, A s;i gloire tant débattue *** j'oiirni croire eidiii dans les cit'iix.

M. de Laïuai'tine devait a,ssi.ster à cette irlc, cl l'un ati- Donçait des vers de lui à cette occasion. {ISotc de iiéntiujcr.^

** David, toujours désintéressé, n'a pas voulu iain; payer le travail de celtt; admirable statue. [Noie de Bénimji'r.^

"* Outre tjue plusieurs villes ont disputé à Strasbourg et

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