LE SAVAIT
Al II
Un bon vieillard consultait une spbère.
A rêver vingt fois il se prend.
Vient un savant qui le regarde l'aire.
Et dit tout liant : « Pauvre ignorant ! Apprends de nous les secrets (|ue tu sondes,
Si lu n'es le fou qui, dit-ori, Ti'aite de fous ceux (jui pèsent les mondes
Dans la balance de Newton. »
A ce propos le vieillard de souiire ;
« L'attraction m'a peu séduit.
N'en parlons pas; mais vous, daignez me dire
(Comment la ch deur se produit.
Dans tout système, un seul fait qu'on ignore
DE ni:i;A.Nr.F, i;. im-
Doit tenir le doute en éveil.
Or il vous reste à deviner encore
Ln grande énigme fin soleil.
« Vos devanciers vous ont diessé Téchelle :
Montez ; ils vous tendent la main.
Faites qu'à tous votre savoir révèle
Un progrès de l'esprit humain.
Qui ne connaît jusqu'au moindre cratère
Ce monde orphelin de ses dieux ?
Nous n'avons i)lus d'inconnu sur la tenu ;
Il nous faut l'inconnu des cieux.
« Trop longtemps l'homme à la taille du globe
De ses dieux borna la hauteur.
Creusez le ciel ; que rien ne nous dérobe
L'œuvre sans fin du Créateur.
Le mouvement part de sa main féconde :
Suivez-le, mais les yeux ouverls, Et révélez à notre petit monde
Le Dieu de l'immense univers.
« Au sentijuent accordez une place... »
A ces mots le savant s'enfuit.
« Ce fou, dit-il, aurait besoin de glace.
Le sentiment n'est qu'un produit. >' Mais le vieillard lui crie : « A tort, vous dis-je,
La mécanique est votre loi ; r/est Dieu lui seul, oui, c'est Dieu qui dirige
Tous ces globes où l'homme est roi. »
H»0 DERiMFRES CHANSONS