‹ Dernières chansons de P.J. de Béranger, 1834 à 1851 (volume 2)Chapitre 63 sur 136 · LES BENEDICTIONS · texte numérisé non relu

LES BENEDICTIONS

Ali; • r.clio (Ifs l»ois.

(lerlaiiis nio) tels ont le don de répandre Honhenr et joie où se porlent leurs pas. Au temps passé Ton ne s"y trompait pas, Témoin ces mots qu'enfant j'ai pu comprendre 0 bon vieillard, chez nous daignez venir ; i ,> . Réni de Dieu, venez tous nous bénir. )

Or ce vieillard sortait-il de son chaume,

Le rencontrer était présage heureux.

« Oui, répétaient les villageois entre eux.

Il suffirait à bénir un royaume.

0 bon vieillard, chez nous daignez venir;

Béni de Dieu, venez tous nous bénir. »

On l invoquait à chaque catastrophe,

Aux cœurs en peine il semblait un sauveur.

Maint hobereau le traitait de rêveur,

Et le curé l'appelait philosophe.

0 bon vieillard, chez nous daignez venir;

Béni de Dieu, venez tous nous bénir.

Chacun de lui nous contait des merveilles. Disant : « Il sait légendes et chansons. Courez, enlants, à ses douces leçons, Comme à sa voi>: leviennent les abeilles.

;I2 HEHNIEIIES CHAISSO^S

0 bon vieillard, chez nous daignez venir; Béni de Dieu, venez tous nous bénir. »

*< Il a passé toul près de ces charmilles. Disait la mère; aussi, combien de fleurs 1 C'est grâce à lui que de riches couleuis Va s'émailler le corset de nos filles.

0 bon vieillard, chez nous dai;4nez venir: Béni de Dieu, venez tous nous bénir. »

Quand le ciel brûle, aux travailleurs en nage (]ourt-il aider ; glaneuse et moissonneur De dire alors : « Il nous vient du bonheur : Sur le soleil Dieu déploie un nuage.

0 bon vieillard chez nous daignez venir , Béni de Dieu, venez tous nous bémr. »

D'un si doux charme il ignorait les causes. Sans croire en soi, Thomme que Dieu bénit Passe, et Toiselle est tranquille en son nid ; Pass(4. et vers lui monte Tencens des roses 0 bon vieillard, chez nous daignez venir; Béni <le Dieu, venez tous nous bénir.

Nous n'avons plus cette toi qu'on envie. (Jn'importe, enfants. Survient-il \m vieillard, S'il vous sourit, s'il vous suit du regard, inclint'Z-vous : il bénit votre vie.

( ) bon vieillai-d, chez nous daignez venu- ; ) Béni (le Dieu, veno/, Ions nous bénu\ (

DE BERAIVGER. ^215

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