‹ Dernières chansons de P.J. de béranger, 1834 à 1851Chapitre 151 sur 215 · L'ENRHUMÉ · texte numérisé non relu

L'ENRHUMÉ

Note LXXXVIII. — Au sous-litre. — Voici encore un vaudeville dans l'ancien genre. Celui-ci n'eut de succès qu'au tribunal et par une circonstance assez singulière. L'auteur avait mis à l'avant-dernier couplet : Mais la Charte encore nous défend.

Du roi c'est l'immortel enfant;

Il l'aime, on le présume.

Oui, mais papa, gardant la dot, Traite sa fille comme Loth.

L'imprimeur fut effrayé par ces deux méchants vers, auxquels Béranger tenait peu, et demanda qu'on les laissât en blanc. Contre son habitude, l'auteur s'empressa d'y consentir, voyant bien quel parti la malice publique tiierait de cette lacune. Il ne s'était point trompé, et ces blancs furent matière à la plus vive accusation de la part de Marchangy. Rien de plus plaisant et en même temps de plus odieux que de l'entendre accuser le silence de l'auteur à propos de ces deux lignes de points. Dupin tira un excellent parti de ce passage du réquisitoire.

Béranger n'eut jamais envie de rétablir les deux vers, tant ils lui semblaient au-dessous de l'idée que le public s'en était faite.

Les deux ministres nommés dans le cinquième couplet sont MM. Siméon et Pasquier. (Note de Béranger.)

Quelques personnes, dans le silence de l'auteur, avait suppléé ainsi aux vers manquants:

Que dis-jeT moi j'en suis cartain; Mais les ultras n'en croiront rien.

(Note de l'Éditeur.) LA FARIDONDAINE

Note LXXXVIX. — Au sous-titre. — Le préfet de police Angles et ses successeurs ont déclaré la guerre aux réunions chan-

tantes. Celles qu'on nomme goguettes^ presque uniquement composées d'hommes d'industrie et de commerce, et même d'un grand nombre d'ouvriers, sont surtout l'objet des craintes de ces magistrats. Le patriotisme anime ces réunions, mais il n'en est pas le seul esprit. On serait étonné de la quantité de jolis couplets, même de chansons piquantes et correctement tournées, qui, chaque année, sortent de ce-< réunions, qui, presque toutes, ont lieu au cabaret ou dansles guinguettes au.v portes de Paris. Bérangjer a dû en grande partie la vogue dont il a joui à l'espèce de culte que ces sociétés professaient pour lui. 11 devait donc prendre parti en leur laveur quand parut l'ordonnance de M. Angles. Rien de plus ridicule que cette ordonnance, qui mit le trouble dans ces joyeuses réunions. Les oiseaux, d'abord effarouchés, revinrent bientôt à leurs habitudes, et, à force de ruses innocentes, éludèrent les dispositions vejcatoires et firent résonner de nouveaux chants.

Troisième couplet :

A Sa Grâce il fait peine.

Allusion k Wellington.

Quatrième couplet :

Que dirait de raieax Marchangy ?

Cet avocat général fut, sans contredit, le plus infatigable interprétateur. 11 employait à ce métier tout ce qu'il pouvait avoir d'esprit. Toutefois ce qu'il faut surtout lui reprocher, c'est sa conduite dans l'affaire des quatre malheureux sergents de la Rochelle, dont le plus âgé avait vingt-six ans. {Note de Béranger.)

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