‹ Dernières chansons de P.J. de béranger, 1834 à 1851Chapitre 26 sur 215 · PETIT BONHOMME · texte numérisé non relu

PETIT BONHOMME

A MON VIEIL AMI LAISNBY QUI m'Écrivait : « Petit bonhomme vit emcore*. a

Air du vaudeville de la Petite Gouvernante.

Petit bonhomme vit encore.

Eh! pourquoi ne vivrait-il pas, Quand maint sot, quand mainte pécore, Échappent cent ans au trépas?

Envie et haine, il vous ignore; Fortune, il rit de tes appas.

Petit bonhomme vit encore.

Eh! pourquoi ne vivrait-il pas?

Il vit encor, petit bonhomme.

Eh! pourquoi ne vivrait-il pas?

S'il ne peut plus mordre à la pomme Qu'Adam a greffée ici-bas,

* Cette chanson n'est pas digne de l'impression, mais je la garde comme le dernier souvenir d'une vieille amitié. (Note de Béranger.)

Il n'en dort pas moins d'un bon somme, N'en fait pas moias quatre repas.

Il vit encor, petit bonhomme.

Eh! pourquoi ne vivrait-il pas?

Petit bonhomme vit encore.

Eh! pourquoi ne vivrait-il pas?

Au Parnasse, dès notre aurore, C'est lui qui m'a marqué le pas.

Qu'un siècle et plus sa voix sonore Chante aux enfants leurs grands-papas!

Petit bonhomme vit encore.

Eh! pourquoi ne vivrait-il pas?

Il vit encor, petit bonhomme.

Eh ! pouquoi ne vivrait-il pas?

Quand des hivers s'accroît la somme, On rêve à ses jeunes ébats.

Plus d'un rayon réchauffe et dore Le vieu pin chargé de frimas.

Petit bonhomme vit encore.

Eh! pourquoi ne vivrait-il pas?

Page 1