‹ Dernières chansons de P.J. de béranger, 1834 à 1851Chapitre 50 sur 215 · LES VOYAGES · texte numérisé non relu

LES VOYAGES

« Viens, m'ont dit vingt chars rapides Le feu nous pousse à travers Bois épais, cités splendides, Monts et prés, champs et déserts.

Faisant honte aux hirondelles, Tu croiras, sur nos essieux.

Que la terre a pris des ailes Pour passer devant tes yeux.

« Viens, me crie un beau navire, Voir l'homme en tous les climats, Voir en germe quelque empire.

Des ruines voir l'amas.

Par un caprice de l'onde, Tu peux, voguant avec moi.

Ajouter un nouveau monde A ceux dont le nôtre est roi.

« Des astres je sais la route.

Viens, dit un aérostat; Monte à la céleste voûte Pour en juger mieux l'éclat ; Sur maint problème à résoudre, Dans mon vol audacieux, Viens au-dessus de la foudre Sonder l'abime des cieux. »

Partez tous. Ici je reste.

Heureux d'un monde borné, D'oiseaux, de fleurs, monde agreste, D'ombrages environné.

Quand la nuit étend son voile Et qu'au ruisseau transparent Vient se mirer une étoile, Oh! que l'univers est grand!

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