‹ Dernières chansons de P.J. de béranger, 1834 à 1851Chapitre 58 sur 215 · LES DÉFAUTS · texte numérisé non relu

LES DÉFAUTS

Air : Faut d' la vertu, pas trop n'en faut.

L'homme, à soixante ans, calme et grave.

Au coin de son feu devient roi.

Mais, jeune, il vaut mieux, selon moi.

Sous le plaisir vivre en esclave.

Vous qui sur nous veillez d'en haut, / „.

'• Bis Rendez-moi quelque bon défaut. )

Oui, si j'ai subi l'exigence De mes défauts, tyrans nombreux.

Je leur dus bien des jours heureux, Doux larcins faits à l'indigence.

Vous qui sur nous veillez d'en haut, Rendez-moi quelque bon défaut.

Dans les jours d'aimables féeries On monte au ciel des deux côtés.

Nous poussons à bout nos gaités, A bout nos tendres rêveries.

Vous qui sur nous veillez d'en haut, Rendez-moi quelque bon défaut.

Aujourd'hui ma santé me touche.

A table veut-on me fêter,

L'aï ne me fais plus chanter.

Et je lui fait petite bouche.

Vous qui sur nous veillez d'en haut,

Rendez-moi quelque bon défaut.

Je verrais danser vingt grisettes Sans penser à rien tout un soir; Sans même essuyer, pour mieux voir.

Les vieux verres de mes lunettes.

Vous qui sur nous veillez d'en haut.

Rendez-moi quelque bon défaut.

J'ai trop égayé la satire ;

Ce tort, je dois le réparer.

Mais sur ce monde il faut pleurer

Sitôt qu'on n'ose plus en rire.

Vous qui sur nous veillez d'en haut.

Rendez-moi quelque bon défaut.

Perfide erreur de ma jeunesse.

Que, bras ouverts, couronne en main, La Gloire m'accoste en chemin, ?e lui dirai : Passez, drôlesse!

Vous qui SUT nous veillez d'en haut, Rendez-moi quelque bon défaul.

Hélas! mes vertus me désolent; Mais l'âge, qui les fait fleurir, M'ôte la force de courir Après mes défauts qui s'envolent.

Vous qui sur nous veillez d'en haut, ) Rendez-moi quelque bon défaut. )

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