‹ Dernières chansons de P.J. de béranger, 1834 à 1851Chapitre 61 sur 215 · MON CARNAVAL · texte numérisé non relu

MON CARNAVAL

Air : Ainsi jadis un grand prophète.

Tandis qu*airaable et gai convive, Tu règnes dans plus d'un repas, Antier, il faut que je l'écrive Comment je fête les jours gras.

Seul, entre ma lampe et ma chatte, Vieux rêveur, je vois sous mes yeux Des temps d'où notre amitié date Passer le fantôme joyeux.

A jours pareils, notre jeunesse, S'atfublant d'iiabits les plus fous, S'écriait : Joie, amour, ivresse.

Nous ont faits dieux ; imitez-nous.

Mais pourquoi d'un carton fantasque Prenions-nous le voile importun?

A des fronts si gais point de masque C'est au vieillard qu'il en faut un.

Terappelles-tu nos soirées?

Le Champagne à crédit moussant?

Les belles robes déchirées?

Le rire au loin retentissant?

Quels chants! quels cris! C'était merveilles De nous voir traiter, chaque nuit, Les plaisirs comme des abeilles Qu'on arrête à force de bruit.

Souvenir ciier à mes pensées!

Grâce à la fraîcheur qu'il leui' rend.

Je souris aux heures passées, Je m'arrange du jour mourant.

Pur de haine et d'hypocrisie, Rêvant le bien, cherchant le beau, Je sème un peu de poésie Sur les marches de mon tombeau.

Cher ami, loin que je me gronde D'avoir tant chanté le plaisir, Quand je finirai pour ce monde, Je n'y laisserai qu'un désir :

C'est qu'à la saison printanière, D'hem-eux enfants, au teint vermeil.

Viennent, où dormira ma bière, Sur les fleurs danser au soleil.

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