‹ Dernières chansons de P. J. de Béranger, de 1834 à 1851Chapitre 30 sur 101 · A IF · texte numérisé non relu

A IF

Petit bonhomme vit encore.

Eh! pourquoi ne vivrait-il pas, Quand maint sot, quand mainte pécore, Echappent cent ans au trépas?

Envie et haine, il vous ignore; Fortune, il rit de tes appas.

Petit bonhomme vit encore.

Eh ! pourquoi ne vivrait-il pas?

Cette chanson n'est pas digne de l'impression ; mais je la garde comme le dernier souvenir d'une vieille amitié.

Il vit encor, petit bonhomme.

Eh ! pourquoi ne vivrait-il pas?

S'il ne peut plus mordre à la pomme

Qu'Adam a greffée ici-bas,

Il n'en dort pas moins d'un bon somme,

N'en fait pas moins quatre repas.

Il vit encor, petit bonhomme.

Eh ! pourquoi ne vivrait-il pas?

Petit bonhomme vit encore.

Eh ! pourquoi ne vivrait-il pas?

Au Parnasse, dès notre aurore, C'est lui qui m'a marqué le pas.

Qu'un siècle et plus sa voix sonore Chante aux enfants leurs grands-papas !

Petit bonhomme vit encore.

Eh ! pourquoi ne vivrait-il pas?

Il vit encor, petit bonhomme.

Eh! pourquoi ne vivrait-il pas?

Quand des hivers s'accroît la somme, On rêve à ses jeunes ébats.

Plus d'un rayon réchauffe et dore Le vieux pin chargé de frimas.

Petit bonhomme vit encore.

Eh ! pourquoi ne vivrait-il pas?

DE RÉRANGER. 121

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