‹ Dernières chansons de P. J. de Béranger, de 1834 à 1851Chapitre 38 sur 101 · LE JEUNE HOMME · texte numérisé non relu

LE JEUNE HOMME

Quoi ! pour fuir ce globe de fange, Tes ailes ne t'ont point servi!

Et contre toi, vieillard étrange, L'ire du ciel n'a pas sévi!

Lègue-moi ces ailes sublimes, Et jusqu'à Dieu mon vol atteint; Dussé-je, aux célestes abîmes, Mourir sur un soleil éteint.

LE VIEILLARD

J'ai jeté d'une main prudente Ces ailes au feu d'un brasier, Et mis leur cendre fécondante Au pied d'un jeune cerisier.

De mes jours je vais rendre compte; Le Très-Haut me sourit enfin.

Adieu! Dans son sein je remonte Sur les ailes d'un séraphin.

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