‹ Dernières chansons de P. J. de Béranger, de 1834 à 1851Chapitre 56 sur 101 · LES VOYAGES · texte numérisé non relu

LES VOYAGES

Ain :

Viens, m'ont dit vingt chars rapides; Le feu nous pousse à travers Bois épais, cités splendides, Monts et prés, champs et déserts.

Faisant honte aux hirondelles, Tu croiras, sur nos essieux, Que la terre a pris des ailes Pour passer devant tes yeux.

Viens, me crie un beau navire, Voir l'homme en tous les climats; Voir en germe quelque empire, Des ruines voir l'amas.

Par un caprice de l'onde, Tu peux, voguant avec moi,

Ajouter un nouveau monde A ceux dont le nôtre est roi,

Des astres je sais la route; Viens, dit un aérostat, Monte à la céleste voûte Pour en juger mieux l'éclat.

Sur maint problème à résoudre, Dans mon vol audacieux, Viens, au-dessus de la foudre, Sonder l'abîme des cieux.

Partez tous. Ici je reste, Heureux d'un monde borné; D'oiseaux, de fleurs, monde agreste, D'ombrages environné.

Quand la nuit étend son voile, Et qu'au ruisseau transparent Vient se mirer une étoile, Oh! que l'univers est grand!

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