‹ Dernières chansons de P. J. de Béranger (volume 2)Chapitre 74 sur 97 · PLUS D’OISEAUX · texte numérisé non relu

PLUS D’OISEAUX

l'OUR MON ANNIVERSAIRE

Am :

Je cultivais un coin de terre Dont les ombrages m'enchantaient.

Là, quand je rimais solitaire,

Dans mes vers mille oiseaux chantaient.

Me voilà vieux; plus rien n'éveille Ces bosquets jadis si peuplés.

En vain l’écho prèle l’oreille :

Tous les oiseaux sont envolés.

Quel est, dites-vous, ce domaine?

Eh ! mes amis, c’est la chanson,

Où mon vieil esprit, hors d’haleine, Court battre en vain chaque buisson.

De mes ans sur l’enclos modeste Les frimas sont accumulés;

Pas un roitelet ne me reste.

Tous les oiseaux sont envolés.

Que le riche été se couronne Des épis que nous attendons;

Qu’à nos yeux rougisse l’automne,

Plus d’oiseaux pour chanter leurs dons.

En vain le printemps ressuscite Les fleurs sur nos hords consolés; Lorsqu’à chanter l'ainour invite,

Tous les oiseaux sont envolés.

C’est mon hiver qui les effraye;

Ils ne reviendront plus au nid.

J’en juge aux vers que je bégaye Quand l’amitié nous réunit.

Anlier, toi que mieux elle inspire, Chante nos beaux jours écoulés; Trompe l'écho prêt à redire:

Tous les oiseaux sont envolés.

I)E BÉRMGER.

r.oi

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