‹ Dernières chansons de P. J. de Béranger (volume 2)Chapitre 92 sur 97 · ADIEU · texte numérisé non relu

ADIEU

Ain :

France, je meurs, je meurs; tout me l’annonce. Mère adorée, adieu. Que ton saint nom Soit le dernier que ma bouche prononce.

Aucun Français t'airna-t-il plus ? Oh! non.

Je t’ai chantée avant de savoir lire;

Et, quand la mort me tient sous son épieu,

En te chantant mon dernier souille expire.

A tant d’amour donne une larme. Adieu !

Lorsque dix rois, dans leur triomphe impie, Poussaient leurs chars sur ton corps mut ilé, De leurs bandeaux j'ai fait de la charpie Pour la blessure, où mon baume a coulé.

CHANSONS DE BÉRANGER

Le ciel rendit la ruine féconde;

De te bénir les siècles auront lieu; Car ta pensée ensemence le monde.

(.'Egalité fera sa gerbe. Adieu!

Demi-couché, je me vois dans la tombe.

Ah ! viens en aide à tous ceux que j'aimais.

Tu le dois, France, à la pauvre colombe Qui dans ton champ ne butina jamais.

Pour qu’à tes fils arrive ma prière,

Lorsque déjà j'entends la voix de Dieu,

De mon tombeau j'ai soutenu la pierre.

Mon bras se lasse; elle retombe. Adieu!

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