‹ Dernières chansons de P. J. de Béranger (volume 3)Chapitre 43 sur 97 · L'ARGENT · texte numérisé non relu

L'ARGENT

A UN Alll

Air :

Ami, Viens à mon aide; Prête-moi cinq cents francs.

L'argent, quel sûr remède Aux maux petits et grands!

En ville et sous le chaume Trois fois heureux celui Qui prodigue ce baume Aux souffrances d'autrui !

L'argent ferait ma joie; On ne le croirait pas ; Car l'honneur dans sa voie M'a guidé pas à pas. .

18i CHANSONS

Souvent, près d'un tel maître, J'ai cru voir en chemin Le bonheur m'apparaitre, Une bourse à la main.

Qui n'est pas égoïste De l'argent sent le prix.

Dans son orgueil si triste Jean-Jacque en fait mépris.

Moi, je bénis la source Qui, traversant mon sol, Désaltère en sa course Colombe et rossignol.

Que coûtent ces richesses?

On me répond tout bas :

Un crime ou des bassesses.

Prince, je n'en veux pas.

Non ; l'argent, quoi qu'on dise, N'est point lave d'enfer :

C'est bonne marchandise ; Hais on le vend trop cher.

De prix, un jour, s'il baisse, A Dieu plaise ordonner Qu'enfin je me repaisse De millions à donner.

Les sots, dont j'aime à rire, Verront si je m'entends A faire la satire Des riches de mon temps.

Dieu n'en voulant rien faire, Ami, sois mon banquier.

Aux écus je préfère Le commode papier ; Ce doux papier de soie Qu'hélas I trop peu souvent La fortune m'envoie, Et qu'emporte le vent.

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