A MES VIEUX AMIS
Aoide la R^ublique.
Vive Paris, le roi du monde !
Je le revois avec amour.
Fier géant, armé de sa fronde, U marche, il grandit chaque jour.
Sur cette rive enchanteresse.
Grain tombé de Thumain semis, Je viens retrouver ma jeunesse.
Retrouver tous mes vieux amis.
Que de palais 1 que de portiques, D'églises, de quais, de bazars.
De théâtres, d'arcs héroïques.
De colonnes, tributs des arts!
Des arts qui pour leur capitale Partout à Tœuvre se sont mis !
Gomment, dans ce pompeux dédale, Retrouver tous ses vieux amis?
Ces monuments sont notre histoire.
Grâce à chaque fait retracé, A de nouveaux rêves de gloire Sourit la gloire du passé.
Dois-je ici féconder mes veilles?
J'en doute, mais point n'en gémis, Puisque au sein de tant de merveilles On retrouve ses vieux amis.
Ge grand Paris, plus d'un Taccuse
De rire même de ses maux.
Il rompt plus de jougs qu'il n'en use.
Tient moins au bon sens qu'aux bons mots.
L'en reprendre est à faire au sage.
Bénissons Dieu d'avoir permis
Qu'au milieu d'un peuple volage
%0n retrouvât ses vieux amis.
Mes vieux amis, oui, je les trouve Réunis tous pour me fêter.
C'est le bonheur que j'en éprouve, Paris, qui me fait te chanter.
Dans Tabsence le cœur sommeille ; Les souvenirs sont endormis.
Ce jour à jamais les réveille :
J'ai retrouvé mes vieux amis.