A BRAZIER
MON VOISm k PASSY BT MON 41KGIEN COLLÈGOK 4U CAVEAU, QUI, BM m'bNVOYANT SON RECUEIL, m'a ADRESSÉ UNE FORT JOLIE CHANSON*
An : Ahuijadii un grand praphêie.
Brazier, grand merci de ton livre, De nos beaux jours gai souvenir.
Quoique un peu las déjà de vivre, Je te chante pour rajeunir.
* Depuis que cette chanson est fiiite, Brazier a cessé de Tivre : il était moins ftgé que moi. (Test un des vaudevillistes qui ont obtenu le plus de succès au théâtre, et Désaugiers le regardait comme celui de tous qui Êdsait le mieux les couplets de pièces. Chansonnier sans travail, mais aussi sans prétention, il était remarquable par un talent d allure vive et gaie. Braiier méritait d'être aimé. Incapable d'envie, il rendait justice même k ceux qu'il se voyait préférer. Les opinions légitimistes, qu'il avait cru devoir adopter, ne le rendaient ni servile ni intolérant, ce qu'on ne pourrait pas dire de tous ses confrères du Caveau.
Que de soupers ! Que d'amourettes !
Que de vrais amis à vingt ans !
C'est là le temps des chansonnettes.
Oh! le bon temps! oh! le bon temps!
Des airs que module une amie, A vingt ans, nait plus d'un refrain.
Nos vers narguent TÂcadémie, Nos plaisirs tout censeur chagrin.
La montre d'or paiera nos dettes ; Que sert de compter les instants?
C'es^ là le temps des chansonnettes.
Oh ! le bon temps ! oh ! le bon temps !
Chauve déjà, mais jeune encore*, Je me vois admis au Caveau.
Là tu fais d'une voix sonore Applaudir maint couplet nouveau.
^0^1 j'y chante un hymne aux grisettes, Porte-bonheur de mon printemps.
J'avais trente-trois ans.
-Vive le temps des chansonnettes !
Oh ! le bon temps ! oh 1 le bon temps i
Je vois encor régner à labl e Désaugiers, notre maître à tous ; Bon convive si regrettable, Trop fou des rois, mais roi des fous.
Coulez, bons vins, sautez, fillettes, A sa voix que toujours j^entends.
Vive le temps des chansonnettes I Oh ! le bon temps ! oh I le bon temps !
Moi, depuis, aux vieilles pagodes J'adressai de vertes leçons.
Si Ton dit que j*ai fait des odes.
N'en crois rien : j'ai fait des chansons.
Est-ce leur faute, les pauvrettes, Si leur père avait cinquante ans?
Adieu le temps des chansonnettes !
Oh ! le bon temps I oh ! le bon temps !
Voisin, l'hiver n'ose t'atteindre :
Ton recueil charmant en fait foi.
Ma gaieté, qu'un rien vient éteindre, Trouve à se rallumer chez toi.
Oui, grâce à ta muse en goguettes, Grâce à tes refrains si chantants, Je rêve au temps des chansonnettes.
Oh ! le bon temps ! oh ! le bon temps I