‹ Dernières chansons de P.-J. de BérangerChapitre 38 sur 119 · IR · texte numérisé non relu

IR

Un joui-, sur le porl d’AUiènes,

J’entre à l’école des enranls.

Le inailre alors faisait lire Un marin d’àge avancé.

Le voyant à l’.\, H, (],

Loinme un Français, moi, j’allais rire.

B, C, 11, point de cris, point de pleurs ; Enfants, lisez, et vous aurez des fleurs.

« Venant à moi, le vieux maitre Me dit ; « Voici le liéros « Qu’ici chacun veut coimaitre,

« Le capitaine des bridots.

« Il a vengé sa patrie,

« Bi'isé l’orgueil du sultan,

« Bridé vif un cajiitan « Et fait trembler Alexandrie. »

A, B, C, /ü, point de cris, point de pleurs ; Enfants, lisez, et vous aurez des tleui's.

« Oui, c’est Uanaris lui-mème,

« Canaris, notre fierté.

« Il n’eut avec le baptême « (Ju’ignorance et que pauvreté.

« S’il s’assied, plein de sagesse.

« Au banc des petits garçons ;

* S’il est humble à mes leçons,

1 C’est encor poni' servir la Grèce '. »

* J'ai lu, je lie sais plus où, (|u'un voyageur vil sortir Canaris d'une école, avec les pelils Grecs qui la fivquenlaient. Gomme eux il portail scs livres sous sou liras. Ce héros appre-

liiS

lltU.MKKES EHAXSO.NS

A, II, 1), point df‘ cris, point ilo pleurs ; Kiitiuits lisez, et vous aurez des lleui-s.

« De l'érolier que j’adinire Alors je presse la inain.

(lanaris jiisipi'au navire Me conduisit le lendeniaiii,

Et me dit sur le riva"e C(“ beau mol (juej'ai noté .

Le savoir, c’est liberté ;

L’ignorance, c’est esclavage.

A, 11, C, D, i>oint de cris, point de jileui-s; Enfants, lisez, et vous aurez des fleurs. »

Bis.

NOTllE GLUllE

.\ih :

Mais (pi’esl-ce enlin cpie la sphère où nous soinines? Un vieux vvaggon qui peut, eu fendant l’air,

Sorlii' du rail, au nez des astronomes,

Et nous verser sur son cbeinin d^^ fer.

Que de convois à puissanœ allractive

liait à lire et ii'eii avait pas liunte. Iloiircux les pays uù un ne rougit pas de bien faire I L'intrépide marin, parti de si bas, est devenu ministre depuis. (Vue bien veille sur le caraclère loyal et modeste de ce grand citoyen! \Sulr île üérimijer.)

DE ÜÉIlANUEIl. Iiüi

SeiiibleiiL là-liaul connue nous se inouvoii !

De ces Avaggons ce que je voudrais voir,

C’est la locomotive.

Notre planète eut une enlance étrange ; Buffon l’a dit; Cuvier l’a constaté.

Un peu de feu qu’enserre un peu de fange Donna naissance à ce monde encroîdé.

Sur l’embryon la mer jetant sa robe De sa vennine assez mal le purgea.

L’homme vint tard; et moi, je crains déjà De voir périr ce globe.

Passé, di.s-inoi, criai-je an bord d'un goulliv, Combien de temps a roulé suspendu Ce point où l’homme en passant pleure et souffre ? Et des anciens l’histoire a répondu.

Mais quelle foi peut retrouver sa route Sous h» débris de leui's dogmes nombreux'.' Pei-ses, Hindous, Grecs, Égyptiens, Hébreux, Nous ont légué le doute.

Le doute est froid,. quelque [lart qu’oli s’y loge. Pour in’en tirer invocpions l’avenir.

Un nouveau Christ passe, et je l’interi’oge :

« Maître, ce monde un jour doit-il finir (( .lainais, dit-il. Vive notre planète,

« Dont ma Triade élerni.se le cours! »

A ses croyants ainsi réfiond toujours Ce messie en goguette.

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17ti UERNlÈItES CHANSONS

Si le passé n’a jwint d’éclio lidèle,

Si l'avenir est miu*l el voilé,

Présent, dis-moi, notre terre doit-elle Faire laiix Iwnd à l'empire étoilé ?

Mais du passé près de Iranchir la |)orte.

Ce nain chétif, (pie l'avenir poursuit.

N’a pas le temps de me ré|>ondre, et fuit En disant : Que m’importe !

Dieu voit la tin de tout ce qu'il lait naiti e.

Le monde est né, le monde doit mourir.

Quand? Ah! ditl'im, avant demain peut-être; L’autre lui donne un long temps à courir.

Tandis qu’ainsi sur l'épo(iuc assignée Nous discutons, plus ou moins nous trompant, .\u bout d’un fil le monde est là qui pend Comme un nid d'araignée.

LE ÜIEU JEAN

Im ; Tolo Cai'al) 0 .

l'out homme à caractère Est Dieu de loin en loin, Dans son coin.

Jean, (jui croit à Voltaire, Fut Dieu }^>eiidant six mois.

Le grivois!

DF, BÉRA.NGER.

Ail I bon Dieu ! quel dieu !

Ah ! bon Dieu ! quel diru !

Quel pauvre dieu, bon Dieu !

Quel pauvre dieu,

Quel pauvre dieu,

N«V dans un mauvais lieu!

Chez de joyeuses filles,

.Itîan, qui loge à leiroil Sous le toit.

Pèlerin sans coquille,

Se fait dieu pour payei- Son loyer.

Ab ! bon Dieu ! quel dieu !

Ab! Imn Dieu! quel dieu !

Quel pauvre dii'u, bon Dieu I Quel pauvre dieu !

Quel pauvre tlieu!

Né dans un mauvais lieu !

Jean, que'que temps prophète.

Dit ; « Le traiteur en moi N’a plus foi.

Gratis pour qu’on me fêle.

Je sors de mon cerveau Dieu nouveau.»

Ah! bon Dieu! quel dieu!

Ah ! bon Dieu ! quel dieu !

Quel pauvre dieu, bon Dieu !

ItKIlMfinKS cil VNSONS

(.tiifl pauvre dieu!

(Jiifl pauvre dieu,

Né dans un mauvais lieu !

« llesjieclons pour l’exemple Les dieux plus ou moins nés Mes aînés.

Tributs, autel et temple.

Sont un assez bon lot De eulol. »

Ab ! bon Dieu ! quel dieu !

Ah ! bon Dieu ! quel dieu !

Quel pauvre dieu, bon Dieu I Quel pauvre dieu.

Né dans un mauvais lieu !

« Pour le salut de l’àme Comme on n'a que Irop fait Sans effel.

Des corps je me proclame Par goût et par ferveur Le sauveur. »

Ab! bon Dieu! quel dieu!

Ail ! bon Dieu ! ipiel dieu 1 Quel pauvre dieu, bon Dieu!

Quel pauvre dieu,

Qiu'l pauvre dieu,

.Né dans un mauvais lieu !

DE B^:llA^GEIl.

a Le Paradis, vieux cünle, Je le mets sous ta main.

Genre humain.

De la terre, à mon compte.

Je referai souilain Un Éden. »

.\h! bon Dieu! (jiiel dieu!

Ah ! bon Dieu ! quel dieu 1 Quel pauvre dieu, bon Dieu !

Quel pauvre dieu.

Né dans un mauvais lieu !

« Femmes, trêve au mari yre!

Supprimons à tout prix Les maris.

Au sort je veux qu’on tiri'.

Pour vos poupons en tas.

Des papas. »

Ah! bon Dieu! quel dieu!

Ah! bon Dieu! quel dieu!

Quel pauvre dieu, bon Dieu !

Quel pauvre dieu.

Quel pauvre dieu.

Né, dans un mauvais lieu!

Saint Ignace en prières Vend ses brides à veaux Aux dévots.

là.

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ITi DKRMKRES CHANSONS

Ce siècle de lumières Kst pour les charlatans Un bon temps.

Ah ! bon Dieu! quel dieu!

Ah! bon Dieu! quel dieu!

Quel pauvre dieu, bon Dieu !

.Né dans nn mauvais lieu !

Jean se l'ait des oracles.

Bienlôt dans plus d’un i-anf;

[>e dieu prend ;

S’il cache scs miracles.

C'est (pi’il doit des épards .Aux mouchards.

Ab! bon Dieu! (piel dieu!

Ab! bon Dieu! quel dieu!

Quel pauvre dieu ! bon Dieu ' Quel pauvre dieu,

Quel pauvre dieu,

Né dans un mauvais lieu !

La foule accotu i ; Victoire !

Que d’or les sols metiront Dans sou tronc!

Mais quoi ! tout l’audiloire Trouve ce dieu de chair Un pen'clier.

DE BÉRANGEK. 17".

Ah ! bon Dieu ! quel dieu !

Ah! bon Dieu! quel dieu!

(Juel pauvre dieu, bon Dieu !

Quel pauvre dieu.

Quel pauvre dieu,

N<'> dans \in mauvais lieu !

11 parcourt la province.

Toujours déménageant Sans argent.

A la foire, en bon prince.

Le dieu, dit-on, un soir S’est fait voir.

Ah ! bon Dieu ! quel dieu !

Ah ! bon Dieu ! quel dieu !

Quel pauvre dieu! bon Dieu !

Quel pauvre dieu.

Quel pauvre dieu.

Né dans un mauvais lieu !

Il dit, presque en syncope :

<1 Pour un dieu quelle fin Que la faim ! »

Dieu, fais-toi philanthrope, Avocat, perruquier Ou banquier.

Ah! bon Dieu! quel dieu!

Ah! bon Dieu! quel dieu!

Quel pauvre dieu, bon Dieu!

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