‹ Dernières chansons de P.-J. de BérangerChapitre 4 sur 119 · JOSEPH · texte numérisé non relu

JOSEPH

Garde-t’en bien : c’est un péché.

Allons plutôt vendre au marché Les olives de notre inére l’égyptienne.

Voyons ta main, mon enfant, et crois-moi, (Bis.) Quand je dirais ; Tu seras plus qu’un roi. »

Les chevaux s’arrêtant d’eux-mênies,

<( Voyez, dit-elle en souri.ant.

J’ai jiour braver les anathèmes.

Tous les secrets de l’Orient. »

Malgré l’aîné, qu’elle intimide.

Le plus jeune, au regard altier,

S’avanc.e alors ; — « Femme intrépide,

Vous avez vu le monde entier ?

l’égyptienne.

Oui, j’ai vu tout, ombre et lumière.

Enfer et ciel, morts et vivants.

Dieu m’a crié : Comme les vents Passe et n’emporte que poussière.

Voyons ta main, mon enfant, et crois-moi.

Quand je dirais : Tu seras plus (pi’iin roi.

napoléon.

En Égypte vous êtes née ?

* Lætilia Bonapartr n'olcvail sa nombreuse famille

tjii’à force d’ordre el d’éronornio; elle faisait vendre les fniîN tie »a petite propriétf^, doni son lUs aîné, Joseph, partagea <le bonne heure )a direelion avec elle. {Sûte </e B^ruiiger.)

5Î DF.n.MÈUES CHANSONS

l’égyptienne.

Non; dans Moscou fut mon berceau, ba source à Memphis couronnée * hà vient se. perdre obscur ruisseau.

De consoler ma race antique Quels soins le sori n’a-l-il pas pris ?

Uans tes dései ls, jeune Amérique,

.l'ai foulé d'antiques débris ;

Et sur des monts de cendre humaine, Dans l’Inde, lasse de marcher,

Je vins gémir sur un rocher Inconnu, nommé Sainte-Hélène.

Voyons ta main, mon enfant, et crois-moi, Quand je dirais ; Tu seras plus qu’un' roi.

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