‹ Dernières chansons de P.-J. de BérangerChapitre 42 sur 119 · IS'I · texte numérisé non relu

IS'I

« — Dieu sourit au repentir; Suppliez-le bien, pauvrette.

Pour vous nous allons bàlir Un nid dans notre retraite.

(!e toit, qui l’éveille aux eham|>s,

\ ous rend la prière aisée.

.Vous vous nourrirons de rbants.

De fleurs, de miel, de rosée.

Drains le diable; mais erois bien Que l’Enfer vaul mieux (pie riim.

« .N’osant quitter ce si'jour.

Sous la croix l’ànie abribV D'abord soigne avec amour Les petits de la uit''e.

Puis ce iM'au zéb* s’i'-leini ;

Même elle néglige encore,

Dhez des chantres du matin.

Domine eux de Ix'nii' l’aurore.

Drains le diabl ■; mais crois bien (lue l’Enfer vaut mieux que rien.

« Dertain jour qu’ils vont au loin (juel ennuyeux tas de pierres!

Dit-elle; et (|u’est-il besoin D’y sonner tant de prièi'cs?

Diel! aux champs, dans un sillon, (Jue vois-je? Un |iapillou brille!

f.erte, un si beau papillon .N’est pas m- d’une chenille.

I.raius le diable; mais ciois bien (lue l’Enfer vaut mieux que rien.

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lil.ll MKltF.S i;il WSI1\S

« Klle vole, el, d’un élan,

Jusqu’à rins«*etf elle arrive.

.Sainte Vierge! c'est Satan (.lui lui crie : Ali ! fiiffilive.

Je vous tiens. IN'e priez pas;

(l’est trop lard, vite à mon bont;e!

Vous attraperez là-ltas lli's papillons de fer 1011^0. drains le diable; mais crois bien (lue l’Eid'er vaut mieux que rien.

« Nos oiseaux au (oit qui jwnd Rentrent : O rinfortunée !

Le diable à rieil de serpent D’en bas l’aura fascinée.

Disent-ils. Où la cbercher’'

Dans les (lamines éternelles.

.Sans pouvoir l’eu arracher .Nous y hinderious nos ailes, drains le diable; mais crois bien | Que l’Enfer vaut mieux ijiie rien, j -

l.\ DKR.MKRK FÉK

.Am cl’Apélini', ili‘ Wii.iifM.

Prés du rivage où le druide austère, dliez les Rrelons, ensevelit ses dieux, .\u vieux curé, qui béelie son p.'îrlerre.

Il K bKUA.NGKIl.

UH

Vient d’appaniitre un messager des eieux.

C'est un ange. Oui : l’auréole, les ailes,

Tout le lui prouve. 11 se signe, et soudain.

Malgré la Ijriiiiie, il voit dans son jardin Oiseaux s'élialtre et Heurs briller plus belles. Sous un eiel sombre et les vents et les flots ( Poussent au loin <le funèbres sanglots. >

Pai'iui ses fleurs l'ange au.ssilôt moissonne.

« Ah ! dit le prêtre, il veut parer nos saints. » L’Ange sourit : « Pour mettre une eouroune Sur un tombeau, je te fais ces larcins, llit-il ; entends des jilaintes étoulTées Traverser l’air; vois ce ciel triste et noir, flans l’anse où croule un noble et vieux manoir, Vient de mourir la dernière des fées. »

Sous un ciel sombre et les vents et les flots Poussent au loin de. funèbres sanglots.

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