‹ Dernières chansons de P.-J. de BérangerChapitre 49 sur 119 · LE CORBEAU · texte numérisé non relu

LE CORBEAU

Ma colombe, ils le l’eront cuire .\vec le bois de ce rameau.

De Satan rhomiiie est le jumeau. »

Kt l’oisi'au noir se |i.end à rire.

MA IIA.VM';

Am :

Le soleil aux champs d’aller nous l'ait si^ne . i;iia(|ue jour s’eul'uil de flinii’s couronné. Viens, mou companiion, humble cep de vij^ne.

DE liÉRANCEH.

Ami (iii’en riant le sort m'a domié.

ht' (iiii'l mi fanifiix versas-tu l'ivresse.' L'ai-jc eéléliré dans im j'ai repas?

Si jadis la st'*vtt éf{ara mes pas.

Toi seul aiijom irimi soutiens ma vieillesse. .\ travers Itois, prés et moissons,

.\llons j,'laner llenrs el chansons.

bis.

\ ieiis, loin des l'àclieii.x, médilei' ensemble;

Je me lie à loi de tous mes secrets.

Tu m’entends chanter d’une voix qui tremble De ^;rands souvenirs, de tendres re;,uets.

Au Iroiil, a la nei;{e, au Ilot îles ondées,

■\u hruil du tonnerre, au fracas du veni, (à)mbieu, Irisie ou ^ai, ipiand Je vais rêvani, .'ious mon vieux chapeau hourdouuent il’idées travers bois, prés et moissons.

Allons ^daner Heurs et chansons

Souvent, tu le sais, j’ai refall le momie.

De trésors révés comblé mes amis.

En projels heureux mou espril abonde;

(Jue d’excellents vers je me suis promis I Enlaul de Paris jierdu dans ses faiiRes,

Je devais, sans nom, halire les pavés;

■Mais, pour me re|irendre aux eul'auts Irouvés, La muse avait mis sa marque a mes lani^es.

.V travers bois, pi-és et moissons,

Allons glaner Heurs et chansons.

Ce fut ma nourrice ; « Enliml, disait-elle.

Vois, écoide, lis. » Ou, prenant ma main :

-•«l DEllMKHES CIIANSONS

X Suis-moi hors des murs ; la (.ampayiie est lielle. \ iens cueillir, pauvret, les Heurs du chemin. » Depuis, loin des hieiis dont la soif dévore,

La musc à mou l'eu prit f,mùt à s’asseoii',

Kt, rpioique alfaililie, a des chauts du soir l’oui' le vieil enfant (pi’elle berce encore.

Iravers bois, prés et moissons.

Allons "lanei- fleurs cl chansons.

« Dirige le char de la Uépuhlicpie, »

.M’ont crié des fous, s, âges d'à présent.

Oiu, moi. m’atteler an joug polilicpie, l.orsipi’il l'aul un ai<le à mon pas pesaid !

-Ai-je à tel labeur force qui répond»;?

Lhi’en dis-lu, bâton, las de me |iortcr?

ïn gémirais trop de voir ajouter .Vu poids de mon corps tout le poids d'un monde. A Iravers bois, prés et moissons.

Allons glaner Heurs et chansons.

A mes premiers lt;mps j’ai vieilli tidéle.

Tout un passé meurt, mourons avec lui.

Mon cep, je te lègue à l’ére nouvelle;

Sois pour des vaimais un dernier appui.

Uni, sachant, ami, dés que le jour lomlx'.

Domhien de faux pas je ferais sans loi.

Pour (|uelque proscrit, tribun. i)ape ou roi.

Je veux le laisser au Ixird de ma tomlw.

A Iravei’S bois, |»rés et moissons, i .

Allons glane)' fleurs et chansons. )

r>K iii;KA.\r,Kii.

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