‹ Dernières chansonsChapitre 26 sur 54 · PREMIÈRE RIDE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE RIDE

Aglaé n'est pas heureuse :

Elle a trouvé, ce matin, Une ride qui se creuse Dans les neiges de son teint.

Les Jeux ailés, les Dieux-mouches, Tous les petits nains du ciel Vont menant des deuils farouches Pour ce cas essentiel.

Voici les Plaisirs moroses Confits en dévotion ; Des yeux bleus aux lèvres roses Descend leur procession.

Et de ses cheveux couverte, Vénus, en pleurant bien haut, Étend dans la fosse ouverte L'Amour mort, ou peu s'en faut.

Sur sa couche de parade,

En pompe on l'ensevelit!...

— Pauvre Amour, vieux camarade,

Fais-moi place dans ton lit!...

GELÏDA

Elle a, pour toute science,

La gaîté de ses vingt ans;

C'est la blonde Insouciance,

Aux yeux bleus, couleur du temps.

Pour lasser la patience Des désirs les plus constants, Son cœur a fait alliance Avec ses cheveux flottants.

Sourde à l'hymne des tendresses, Elle rit de ces détresses Que rien ne peut consoler...

Et je crois que la coquette Dans l'amour de Juliette Passerait sans se brûler!

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