‹ Derniers chantsChapitre 28 sur 65 · PURGATOIRE · texte numérisé non relu

PURGATOIRE

Dans votre gondole, à son tour, Une autre vous parle d'amour; Mon portrait devait lui déplaire.

Dans les flots son dépit jaloux A jeté ce doux gage, et vous, Ami , vous l'avez laissé faire.

Hélas! hélas!

Pourquoi vers vous tendre les bras?

Non , je dois souffrir et me taire.

Hélas! hélas!

C'en est fait, vous ne prîrez pas.

Adieu, je ne reviendrai plus Vous lasser de cris superflus , Puisqu'il vos yeux une autre est belle. Ah ! que ses baisers vous soient doux! Je suis morte, et souffre pour vous.

Heureux d'aimer, vivez pour elle.

Hélas! hélas! Pensez quelquefois, dans ses bras, A l'abîme où Dieu me rappelle.

Hélas! hélas!

J'y descends, ne m'y suivez pas!

LA

Dans le Simplon

Ah! ali!... de la montagne Reviens, Néra, revien!

Réponds-moi, ma compagne.

Ma vache, mon seul bien.

La voix d'un si bon maître, Néra ,

Peux-tu la méconnaître?

Ah! ah!

Néra !

Reviens, reviens, c'est l'heure Où le loup sort des bois 5 Ma chienne, qui te pleure, Répond seule à ma voix :

Hors l'ami qui t'appelle .

Néra, Qui t'aimera comme elle?

Ah! ah!

Néra!

Dis-moi si dans la crèche, Où tu léchais ma main , Tu manquas d'herbe fraîche Quand je manquais de pain.

Nous n'en avions qu'à peine.

Néra ,

LA VACHE TERIJUE. 219

Et ta crèche était pleine.

Ah! ah!

Néra!

Hélas ! c'est bien sans cause Oue tu m'as délaissé.

T'ai-je dit quelque chose Hors un mot, l'an passé?

Oui , quand mourut ma femme.

Néra, J'avais la mort dans l'âme.

Ah! ah!

Néra!

De ta mamelle avide , Mon pauvre enfant crîra :

S il voit l'étable vide, Qui le consolera ?

Toi, sa mère nourrice, Néra ,

Veux-tu donc qu'il périsse?

\h! ah!

Néra!

Lorsqu'avee la pervenche Pâque refleurira , Des rameaux du dimanche Qui te couronnera ?

Toi, si bonne chrétienne,

Néra , Deviendras-tu païenne?

Ah! ah!

Néra !

Quand les miens en famille Fêtaient les rois entre eux.

Je te disais : Ma fille, Ma part est a nous deux.

A la lève prochaine, Néra .

LA VACHE PERDl E. 221

Tu ne seras pas reine, Ali! ah!

Vra!

Ingrate! quand la lièvre Glaçait mes doigts roidis, Otant mon poil de chèvre,

Sur vous je retendis.

Faut-il que le froid vienne .

Néra,

Pour qu'il vous en souvienne ' Ah! ali!

Néra!

Adieu! sous mon vieux hêtre Je m'en reviens sans vous.

Allez chercher pour maître Lu plus riche que nous.

Allez, mon cœur se brise, Néra ! . . .

Pourtant , Dieu te conduise !

Ah! ah!

Néra!

Je n'ai pas le courage De te vouloir du mal :

Sur nos monts crains l'orage :

Crains l'ombre dans le val.

Pais long-temps l'herbe verte,

L\éra; Nous mourrons de ta perte.

Ah! ah!

Néra !

In soir, a ma fenêtre, Aéra, pour l'abriter.

De ta corne peut-être Tu reviendras heurter.

Si la Camille est morte ,

Néra , Qui t'ouvrira la porte ?

Ah! ali!

Néra!

MONT SAINT-BEMARD.

Dans les Alpes

En avant, garde consulaire!

Vois-tu briller sur l'étendard

Ce beau jour dont l'azur éclaire

Les blancs sommets du Saint-Bernard ?

Ce jour, levé sur notre gloire ,

Sera sans déclin dans l'histoire.

is

En avant! marchons ; Par delà ces mon Is, A travers leurs pics, leurs rocs et leurs glaçons, Courons A la victoire !

Honneur au drapeau tricolore !

Fier d'un passage si hardi , De ses plis il ombrage encore Le chapeau vainqueur à Lodi.

Par leur fraternité de gloire Tous deux ils vivront dans l'histoire.

En avant! marchons; Par delà ces monts, A travers leurs pics, leurs rocs et leurs glaçons Courons A la victoire!

Soldats, point de bras inutiles!

Oue l'airain traîné sur ces mers

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