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blés et rebutantes* et qui avaient besoin, pour être replantés avec toute la netteté qu'ils exigent, d*ètre adroitement dirigés par une expérience et une habitude qu'il devient souvent impossible d*acquérir.
La connaissance de la structure du corps de l'homme demande, comme on le sait, des dissections infinies ; et, si la manière dont on y proèfede généralement en facilite l'étude, sous certains rapports, il fiiut avouer aussi que, sous d'autres, et surtout dans ses applications à la physiologie etàla médecine, cette méthode présente de graves inconvéniens. Cest tme véritable analyse, qui permet, il est vrai, à la mémoire de retenir tous les foits qui sont successivement soumis à l'observation et au raisonnement. La science se trouve ainsi établie sur des fonderoens solides. Elle a été plus facile à transmettre; mais elle ne donne pas l'idée de l'ensemble de la structure du corps, et il faut que l'anatomiste, d^à fort instruit, réalise ses idées, recompose les images qu'il se représente, pour rétablir par la pensée, dans leurs rapports naturels, toutes les parties qu'il s'est accoutumé à étudier d'une manière isolée.
Ainsi, la méthode généralement admise pour l'étude de l'anatomie, commence par faire connaître ce qui est caché le plus profondement à l'intérieur. Cest le squelette qui est la base, la charpente de l'édifice, dont les os ou les diverses pièces, liées les ulfes aux autres d'une manière admirable, déterminent les formes, les proportions, la solidité, le mouvement de l'ensemble du corps et de chacune de ses parties.
Sur ces os adhèrent les faisceaux des fibres charnues, et les cordes qui en sent le prolongement, et qui sont destinées à produire tous les raouvemens que l'animal ou l'homme exécute.
Les cordons nerveux qui transmettent les ordres de la volonté et qui rftniènent à im centre commun les diverses sensations ; les canaux que parcourent les diverses humeurs qui constituent le sang ; les organes dans lesquels ces li(|uides pénètrent, soit afin de produire de nouveaux matériaux de la vie, soit pour être repoussés du corps i les viscères que renferment les trois principales cavités; enfin, l'étude de la structure des tégumens : tel est
Tordre suivant lequel sont décrits et figurés, dans presque tous nos ouvrages, les détails de Fanatomie ; ordre utile, indispensable pour celui qui veut apprendre à connaître la nature, mais qui ne la représente plus pour rborame qui observe et qui veut se faire une idée de Tensemble.
Il y a une autre manière de disposer les faits pour les faire bien connaître : c'est d'ofiFrir les objets à 1* observation, dans Tordre dans lequel ils se présentent naturellement lorsqu'on les examine. Cette méthode, plus difficile à communiquer, est cependant beaucoup plus satisfaisante dans ses applications; car elle conduit plus directement au seul but qui fsdt surmonter les dégoûts inséparables des recherches anatomiques. Si elle n'a pas été adoptée jusqu'ici, c'est que, pour transmettre la science par cette voie, il fadlait trouver dans un même maître un habile préparateur, un savant déjà instruit par une autre méthode, qui, après avoir bien vu, bien observé, fClt doué du talent, d'exprimer la nature avec le plus grand art, en la faisant parler fidèlement aux yeux. Ce sont toutes ces circonstances réunies qui donnent un grand prix à l'ouvrage que nous allons feire connaître.
M. le Docteur Antommarchi, habile anatomiste. dont le nom est maintenant bien connu en Europe était depub long-temps associé aux travaux et par cela même k la gloire du célèbre Mascagni, qu'il avait d'abord aidé de son adresse et de sa perspicacité dans ses recherches anatomiques, et par suite dans ses immortelles publications, dont plusieurs n'ont pu être terminées qu'à l'aide de son talent et par ses soins éclairés. Avant son départ pour Tîle de Sainte- Hélène, M. Antommarchi s'était chargé de publier une suite de planches gravées sur l'anatomie, qui avaient été dessinées sous la direction de Mascagni. Il avait été désigné, dans un prospectus, comme chargé de diriger cette grande anatomie, et de donner le texte explicatif de ces planches. Des difficultés survenues à Tépoque de son retour en Europe, entre les héritiers de Mascagni et Tauteur de l'ouvrage que nous annonçons, ont décidé ce dernier k faire faire de nouveaux dessins, d*après les recherches auxquelles il s'était livré pour
composer le texte du grand ouvrage. Il les a fait lithographier, et il les publie dans le format atlas, de manière que trois de ces planches, placÀ les unes au-dessus des autres^ composent l'ensemble du corps vu de grandeur naturelle et dans les diverses positions que néœssitaîent les parties à démontrer.
Vingt-quatre de ces planches, convenablement réunies, représentent huit figures humaines complètes; elles seront doubles dans la plupart des livraisons.-^ L'une de ces planches est ombrée et à Teffet ; Tautre est une contre- épreuve ou une esquisse au simple trait, sur laquelle se trouvent inscrits les noms des parties principales, ainsi que les lettres et les chiffres de renvoi à la table explicative, qui forme le texte de Toovrage.
Les detix premières grandes Ggures, qui entrent dans les deux livraisons qu'on vient de publier, se composent de douze planches» dont six sont ombrées, et qui ont été tirées en couleur et en noir. Elles font voir les nombreux vaisseaux artériels et veineux, ainsi que les nerfs qui se trouvent immédiatement sous la peau, et qui recouvrent la première couche de muscles.
L'ouvrage entier doit former quinze livraisons, de trois planches chacunci qui représenteront toutes les parties du corps de l'homme, à l'exception des t^umens communs qui ont été publiés par. M. Antomroarchi, sous le format in-folio, dans le Prodrome de la grande anatomie de Mascagni, dont cet ouvrage devient ainsi le complément. L'exécution en est admirable : elle a été confiée à des artistes très-habiles dans ce genre *. Les planches sortent des presses lithographiques de M. de Lasteyrie, qui en est l'éditeur, et qui a donné tous ses soins à ce beau travail. Le prix en est très-moderé. Les quinze livraisons qui se composeront, comme nous l'avons dit, d'environ quatre-vingt-dix planches ombrées et au trait, ne coûteront, en noir et en totalité, que la somme de 375 fr. ; et les exemplaires coloriés sur vélin, que celle del,050fr.
* Aujourd'hui ce travail extraordinaire est entièrement suivi, avec le plus grand soin, par le seul dessinateur, M. Pedretti.
Ayant eu Toccasion de rendre un compte Terbal de la première livraison de ce bel ouvrage à TAcadémie Royale des Sciences^ qui m*en avait chargé (Voyez ci -dessus) » j*ai dû lui dire que je ne connaissais aucun ouvrage exécuté dans le même but. Les planches anatomiques de Loder> copiées pour la plupart dans les meilleurs au* f«. ieursj sont regardées généralement comme le recueil le
Q. plus complet de figures ; mais elles sont toutes fort ré-
;.. duites^ et exécutées d*après la méthode de l'analyse.
Celles que nous annonçons présentent, au contraire, Tensemble des organes, tels qu'ils s*o£IVent au scalpel habilement dirigé. Cest, comme le dit l'auteur dans son introduction, une sorte de synthèse ou de carte topographique. Nous ajoutons que c'est un panorama anatomique du corps de l'homme, représenté de grandeur naturelle et avec la plus grande vérité.