‹ Derniers portraits littérairesChapitre 2 sur 60 · THÉOCRITE · texte numérisé non relu

THÉOCRITE

La poésie grecque, qui commence avec Homère, et qui ouvre par lui sa longue période de gloire, semble la clore avec Théocrite ; elle se trouve ainsi comme encadrée entre la grandeur et la grâce, et celle-ci, pour en être à faire les honneurs de la sortie, n'a rien perdu de son entière et suprême fraîcheur. Elle n*a jamais paru plus jeune, et a rassemblé une dernière fois tous ses dons. Après Théocrite, il y aura encore en Grèce d'agréables poètes ; il n'y en aura plus de grands. « La lie même de la littérature des Grecs dans sa vieillesse offre un résidu délicat ; » c'est ce qu'on peut dire avec M. Joubert des poètes d'anthologie qui suivent. Mais Théocrite appartient encore à la grande famille ; il en est par son origindité, par son éclat, par la douceur et la largeur de ses pinceaux. Les suffrages de la postérité l'ont constamment maintenu à son rang, et rien ne l'en a pu faire descendre. Â w certain moment, les mêmes geos d*esprit qui s'attaquaient

Page 1