‹ Des abcès chauds de la prostate et du phlegmon périprostatiqueChapitre 14 sur 74 · PROSTATITES DE CAUSE INDIRECTE · texte numérisé non relu

PROSTATITES DE CAUSE INDIRECTE

suite d’un voyage fait à pied et par la neige pendant l’hiver de 1831.

Thompson rapporte une observation de prostatite survenue à la suite d’excès et après l’exposition an froid. Le malade avait « passé tout un dimanche à Greenwich à boire, et il était revenu le soir à Londres, sur le haut d’un omnibus, par un temps humide et froid (1) ».

Ces quelques exemples (2) suffisent à montrer que le froid possède une certaine influence sur le développement de la prostatite. Cette influence est surtout évidente, lorsque l’action du froid ou de l’humidité porte directement sur le périnée, comme dans l’action de rester longtemps assis sur un gazon mouillé, par exemple. Il faut enfin bien noter que cette action du froid, pour être effective, implique, indépendamment de la prédisposition générale à l’inflammation, un état maladif antérieur do la prostate en vertu duquel l’irritation pourra s’y localiser.

IL Prostatites métastatiques. — M. le professeur Gosselin (3) a rapporté dans ses cliniques une observation très curieuse de prostatite métastatique à la suite d’oreillons. Lejeune homme qui en fait le sujet était entré à l’hôpital pour un gonflement très médiocrement douloureux du testicule lui-même. Il n’y avait pas de blennorrhagie. L’épididyme ne paraissait pas encore enflammé, mais l’induration qu’offrait la partie supérieure du testicule donnait assez l’idée d’un noyau tuberculeux autour duquel se se-

(1) Thompson, loc.cit., p. 3o4.

(2) Dans un cas observé par M. Guyon, des phénomènes de cystite et de rétention ont paru succéder à un lavement trop froid, mais il n’y a pas eu de suppuration prostatique.

(3) Gosselin, Clinique chirurgicale de l'hôpital de la Charité, 3e édit., t. II, p. 628. Paris, 1879.

ÉTIOLOGIE.

rait fait uno légère poussée inflammatoire et, de plus, la prostate présentait une augmentation de volume considérable.

En présence de cet ensemble symptomatique, la possisibilité d’une tuberculisation pouvait être discutée. Mais, d’une part, la bonne constitution du sujet et l’origine récente de l’orcliite ne se prêtaient pas à cette opinion, et, d’autre part, les réponses du malade ne laissèrent aucun doute à M. Gosselin sur la présence d’un oreillon, quelques jours avant le développement de l’orchite. Dès lors, le diagnostic « orchite métastatique » devenait très probable ; en revanche , l’augmentation de volume de la prostate restait inexpliquée. La question n’est pas longtemps restée indécise; car, au bout de trois jours, le gonflement du testicule avait tout à fait disparu, et la prostate, de son côté, était revenue aux dimensions d’une prostate do jeune homme. La différence était d'environ moitié. M. Gosselin conclut do ce fait que la métastase des oreillons peut se faire vers la prostate en même temps que vers le testicule, que, sur le premier de ces organes comme sur le second, elle se traduit par une fluxion et non par une inflammation véritable, et qu’il faut se garder de prendre pour une prostatite symptomatique de tubercules cet état de la glande à la suite des oreillons.

Quant aux abcès métastatiques de la prostate, on doit les considérer comme exceptionnels (3 sur 98 obs.).

M. Guyon en a observé un cas très net chez un homme de 28 ans (■ voy . obs. 5), entré le 16 octobre 1871 à l’hôpital Necker. La suppuration prostatique était survenue au cours d’une variole.

Il existe enfin quelques exemples d’abcès métastatiques

PROSTATITES TRAUMATIQUES.

de la prostato découverts sur des sujets morts d’infection purulente.

En mai 1861 , M. Désormeaux a présenté à la Société do chirurgie, les organes génitaux d’un malade mort d’infection purulente dans son service, à l’hôpital Cochin. Plusieurs veines des parois de l’excavation pelvieune étaient remplies do pus. La surface de la prostate était parsemée de petites taches grisâtres, rondes, entourées d’aréoles d’un rouge livide, et son parenchyme était rempli de petits abcès métastatiques , parfaitement caractérisés, gros comme des grains de millet ou de chènevis et réunis en groupes confluents. Les dimensions générales de l’organe n’étaient pas altérées. Plus récemment, M. Socin (voy. obs. 109) a trouvé, en faisant l'autopsie d’un sujet mort d’infection purulente à la suite d’un phlegmon du pied droit, un abcès plus gros qu’un œuf de pigeon dans le lobe droit de la prostate.

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