‹ Des Abcès Pelviens Tardifs après l'AppendicectomieChapitre 25 sur 26 · LS ES · texte numérisé non relu

LS ES

82,5 %. L’incision transrectale vide l’abcès du Douglas, amène la disparition des signes d’occlusion et la guérison du malade.

Observations publiées

(résumées)

(M. BÉRARD, in BÉRARD et PATEL, Revue de Gyn. et Chir. Abd., 1903)

Jeune garçon de 17 ans, opéré pour appendicite aiguë datant de quatre jours ; appendice rétrocæcal, ulcéré près de sa base et qui a encore un calcul stercoral engagé dans l’orifice de la perforation. L’appendice baigne dans un liquide séro-purulent, fétide, sans adhérences protectrices du grand péritoine, anses intestinales livides et dépolies. Appendicectomie, large drainage à la gaze, sans suture de la paroi. Les premiers jours, les phénomènes généraux rétrocèdent.

Au bout de six jours, la température remonte à 38°9 ; ballonnement abdominal, langue sèche, peau terreuse, vives douleurs dans le bassin avec épreintes rectales ; le toucher révèle un abcès du cul-de-sac de Douglas, qui est incisé par le rectum dix jours après la première intervention. Un gros drain est introduit par le rectum dans la cavité de l’abcès pelvien ; il ne sera retiré qu’au bout d'un mois.

Un mois et demi après l’appendicectomie, le malade quitte l'hôpital guéri.

OBSERVATION N° 15 (TURNER, The Practitioner, 1906, p. 208)

Un garçon de 10 ans est opéré douze heures après la perforation de l’appendice et quarante-huit heures après le premier symptôme de maladie abdominale. L’appendice pelvien était gangrené et perforé, et baignait dans du liquide purulent. Ce liquide est épongé ; l’auteur fait pénétrer soigneusement la gaze et le drain dans le pelvis. Néanmoins, on discute la possibilité de formation d’un abcès pelvien ou d’une obstruction intestinale.

Exactement une semaine après l’opération, une occlusion aiguë oblige l’auteur à réouvrir l’abdomen ; plusieurs anses intestinales étaient devenues adhérentes dans le pelvis ; bonnes suites opératoires, mais onze jours après, l’état s’aggrave à nouveau. La température est à 37°7, le pouls à 110, le malade se plaint de coliques. On sent au-dessous de l’incision médiane guérie, une masse arrondie, douloureuse, au-dessus de laquelle l’intestin se contracte. On ne peut atteindre cette masse par le rectum. Durant les 4 jours suivants, l’abcès s’élève graduellement vers le rectum où il finit par s’ouvrir spontanément. Tous les symptômes s’améliorent immédiatement.

(TURNER, The Practitioner, 1906, in SOUPAULT et SEILLÉ,

L’appendicite pelvienne, Rev. de Chir., 1930, p. 97)

Un jeune homme de 27 ans est opéré à la fin du troisième jour, d’une appendicite aiguë latérocæcale externe, s’accompagnant d’un épanchement dans l’abdomen d’une grande quantité de sérosités ; appendicectomie, mèches.

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Les suites opératoires, après n’avoir pas été très satisfaisantes, se compliquent le douzième jour, de douleurs abdominales et d’arrêt des matières et des gaz. La région lombaire et la fosse iliaque restent absolument normales. Le toucher rectal révèle une collection fluctuente et sensible du petit bassin.

Au quatorzième jour, rectotomie; il s’écoule une pinte et demie de pus.

OBSERVATION N° 17 (Tirée de Lockwoop, Appendicitis, Londres, 1906, p. 323)

Femme de 28 ans, opérée le 15 février pour appendicite datant de quatre jours. A l’intervention, échappement de pus fétide et de gaz, on découvre de multiples abcès et un appendice fortement enflammé adhérent par son extrémité au cœcum et présentant une perforation à un pouce de son origine, par où s’échappe une concrétion.

L'auteur inspecte le Douglas, mais ne trouve rien; on place deux gros drains, un sous le cœcum, un devant le côlon; le 28, la température est remontée à 39°4, le pouls est à 120 ; abdomen sensible et résistant à sa partie inférieure. Au toucher vaginal, on trouve un point très sensible dans le cul-de-sac postérieur gauche, on sent une collection tendue liquide, dans le Douglas. La colpotomie postérieure donne issue à une pinte de pus très fétide; guérison èn deux mois.

« L'auteur se demande si l’abcès pelvien n’aurait pas été causé par l'exploration digitale qu’il fit au cours de l’intervention, mais pense plutôt qu'il a été amorcé avant l'opération, par l'extension de l'infection causée par la perforation appendiculaire, malgré que l’appendice ne pendait pas dans le pelvis. »

OBSERVATION N° 18 (Docteur CHIFOLIAU, Prog. Méd., 1911, p. 19)

Mlle B.., 13 ans, appendicite aiguë datant de cinq jours, l’appendice descendant, gros, caché sous les fausses membranes, est attiré péniblement ; il est perforé à sa base et baigne dans une nappe de pus fétide. Les tentatives aboutissent à la déchirure complète. Le moignon sphacélé est lié en même temps que le méso et brûlé au thermocautère. On place deux grands drains entourés de mèches, la plaie restant largement ouverte. La température reste plusieurs jours élevée à 39° et le pouls à 120.

Le 2 août, ablation d’un drain; le 3 août, ablation des mèches; le ventre est moins ballonné, la température est tombée à 37°2, le pouls à 72 ; il y a eu une selle ; mais le 15 août, la température remonte à 38°5, les signes d’occlusion intestinale s'installent et le toucher rectal permet de sentir très haut use induration douloureuse. Le 16, l’incision transrectale donne issue à un verre de pus fétide : mise en place d’un drain qui est expulsé au bout de quarante-huit heures.

La malade sort guérie le 12 septembre.

(Due aux Docteurs REYNIER et CHIFOLIAU, tirée de la thèse de Jay Y RuIZz)

Ch... Marc entre à Lariboisière le 3 août 1913 pour douleurs abdominales ‘ayant débuté huit jours auparavant. L'opération d'urgence montre une péritonite généralisée avec pus abondant, appendice perforé. Appendicectomie ; on laisse des drains et des mèches. La tempé-

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rature tombe immédiatement, mais quatre ou cinq jours après, l’état général s’altère à nouveau, et des douleurs abdominales apparaissent, en même temps que de la constipation, de la dysurie.

Dix jours après l’intervention, le docteur CHIFFOLIAU sentait une collection bombant dans le rectum ; il intervient aussitôt, la rectotomie donne issue à une grande quantité de pus jaunâtre et fétide ; on place dans la plaie rectale un drain et deux mèches ; guérison le 8 septembre.

OBSERVATION N° 20 (Docteur JAY, Thèse de Paris, 1921)

Mlle P... Maria, 20 ans, dentiste, entre le 7 mai 1914 à Lariboisière, dans le service du docteur BOURNIER, pour appendicite aiguë datant de la nuit du 4 au 5 mai. Température 39°2, pouls à 120. L'intervention d’urgence montre une péritonite généralisée avec fausses membranes, un appendice rouge, descendant vers le bassin; à son extrémité existe une perforation avec un calcul stercoral.

Appendicectomie ; on laisse deux drains et deux mèches; les suites opératoires sont normales; cependant, la température reste aux environs de 38°. Le 11 mai, elle remonte à 39° ; dans la nuit du 15 au 16, le neuvième jour après l’intervention, l'évacuation spontanée d’une grande quantité de pus fétide par l’anus amène la cessation des phénomènes généraux.

La malade sort guérie le 7 juin.

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OBSERVATION N° 21 (Professeur Pierre DUVAL, in Thèse de JAY, Paris, 1921)

Au dixième jour d’une crise appendiculaire, un jeune homme est incisé d’un abcès de la fosse iliaque, contenant un demi-litre de pus ; appendicetomie, drainage, amélioration.

Onze jours après cette intervention, la température remonte, et l’on sent au toucher rectal une masse dans le Douglas. La plaie opératoire n’étant pas fermée, le Professeur -Duval introduit un doigt par celle-ci et arrive de la sorte à évacuer du pus en grande quantité. Suites parfaites.

OBSERVATION N° 22 (Due au D' PLAISANT, tirée de la thèse de Jay y Rurz.)

D... Jeanne, 13 ans, est opérée pour appendicite aiguë datant de trois jours ; on trouve une péritonite généralisée. Appendicectomie, on place un drain dans la région appendiculaire et un autre dans le Douglas par la voie médiane ; les suites opératoires sont satisfaisantes, mais douze jours après, la température remonte et le toucher rectal montre un abcès pelvien, qu’on ouvre par le rectum et que l’on draine. Guérison.

OBSERVATION N° 23 (Docteur Ed. SIERRO, de Genève, Lyon Chir., t. 25, 1928.

« Le drain dans les péritonites aiguës. Etude de 286 cas de péritonites opérées à la clinique chirurgicale de Genève. »)

D... 55 ans, présente une appendicite datant d’une

semaine ; température 38°5, pouls 94; l’intervention montre un appendice perforé avec péritonite généralisée ; appendicectomie, on laisse deux drains chemisés dans le petit bassin. Vu le bon état du malade, on supprime le drainage le seizième jour. Le toucher rectal ce jour-là ne montre pas d’abcès du Douglas.

En cinq jours, la température monte progressivement à 39°5, un abcès du Douglas se collecte, que l’on incise au Tripier. Les phénomènes généraux s’amendent aussitôt, mais trois jours après, le drain simple tombe et la température remonte à 40°. On remet un drain en T qui amène la guérison.

(De M. le Professeur BEGOUIN, tirée de VIGNES, Thèse, Bordeaux, 1932)

D... Pierre, 22 ans, appendicite de quatre jours ; à l'ouverture du péritoine, on trouve un pus fétide baignant toute la cavité, que l’on recueille par aspiration électrique. L’appendice perforé est enlevé, on place dans le Douglas, par la partie inférieure de la plaie, un drain n° 10, deux mèches sont également placées autour du foyer opératoire, deux fils de bronze totaux ferment la moitié inférieure de l’incision ; on laisse une vessie de glace sur l’abdomen. Bonnes suites opératoires.

Le drain est enlevé le troisième jour et les mèches le sixième.

Le douzième jour, la température remonte autour de 38°, le faciès est altéré et l'abdomen légèrement ballonné. Le toucher rectal fait percevoir une masse du volume du poing. Le vingtième jour après l'intervention, l’état est stationnaire ; au toucher, la masse a augmenté ; elle bombe dans le rectum et a le volume de deux poings,

mn. D —

mais offre la consistance de l’empâtement plutôt que de la fluctuation. Une rectite glaireuse avec ténesme et diarrhée s’est installée.

La ponction exploratrice du Douglas par le rectum est pratiquée un mois après l’appendicetomie. Elle décèle la présence de pus. La rectotomie au bistouri pratiquée aussitôt permet l’évacuation d’un abcès volumineux et amène la guérison.

(Du Professeur ROCHER, de Bordeaux, tirée de VIGNES)

G.. Jean, 10 ans, entre à l'Hôpital des Enfants le 10 juillet pour crise appendiculaire ; à l’intervention pratiquée le 12 juillet, on trouve un appendice en position basse, adhérant par sa pointe avec l’infiltration du méso qui paraît épaissi et enflammé. Fermeture après appendicectomie en laissant une compresse pour drainer. Les suites opératoires ne sont pas brillantes.

Le 18, l’enfant très amaigri, les yeux caves, cernés, les lèvres pâles, la langue sale, les extrémités froides, est rendu à sa famille sur sa demande. Le 20 juillet, le toucher rectal décèle un abcès collecté dans le Douglas. La plaie opératoire n’étant que partiellement cicatrisée, une pince introduite prudemment à sa partie inférieure, provoque l’irruption au dehors d’un flot de pus fétide. La suppuration persiste un huitaine de jours, puis on assiste à la guérison progressive.

OBSERVATION N° 26 (Due au Docteur LAFARGUE, de Bordeaux, tirée de VIGNES) Femme de 32 ans, opérée au cinquième jour d’une

appendicite aiguë ; à l’examen, elle présente le tableau clinique de la péritonite généralisée. A l'opération, on

pos

constate le sphacèle de l’appendice, l'absence d’adhérences, le pus répandu dans tout le ventre ; on laisse un drainage par mèches et drains de caoutchouc dans la fosse iliaque droite.

Dès le lendemain de l’opération, la température baisse pour atteindre la normale où elle reste jusqu’au huitième jour ; à partir de ce moment-là, elle remonte progressivement pour atteindre et dépasser 39°, tandis que la malade accuse des douleurs dans le bas-ventre avec des épreintes vésicales et rectales.

Au début, le toucher indique de la sensibilité du Douglas, sans masse liquide perceptible. Ce n’est que le quatrième jour après la reprise de la température que l’on identifie une collection liquide, bombant vers le rectum où elle s’ouvre spontanément cinq jours après. Guérison.

(De M. le Professeur PAPIN, de Bordeaux, tirée de VIGNES)

Mme V…., 23 ans, est opérée le 21 octobre 1932 pour une crise d’appendicite datant de trois jours ; l’appendice rétrocæcal perforé est enlevé, on laisse une mèche et des drains, car, à l’ouverture du péritoine, il s'était écoulé du pus. Les suites opératoires sont normales pendant six jours, puis la température monte régulièrement pour atteindre 39°5 le onzième jour.

A ce moment, la collection du Douglas s'ouvre spontanément par le vagin et la température retombe à la normale. Mais quatre jours plus tard, elle remonte à 38°. Le pus ne s’écoule plus, on agrandit alors l’orifice du cul-de-sac postérieur et on place un drain dans la cavité de l’abcès, qui amène l’écoulement régulier de la collection et une rapide guérison.

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(Professeur JEANNENEY, Communication à la Société de Chirurgie de Bordeaux, et du S. O. in Gaz. Hebd. des Sc. Méd. de Bord., année LIV, n° 31, 30 juillet 1933.)

Jean Br, 14 ans, est opéré le 15 janvier 1933 pour une crise d’appendicite datant de quarante-huit heures ; on trouve un appendice rétrocæcal, très augmenté de volume, gangrené à la pointe, qui baigne dans un petit foyer purulent ; appendicectomie sans enfouissement, drainage de la fosse iliaque droite, avec un drain enveloppé d’une mèche, fermeture en trois plans en ménageant largement l’orifice du drain méché. Suites opératoires normales jusqu’au sixième jour. Ablation du drain le cinquième jour ; le lendemain, douleur sourde dans la fosse iliaque gauche en même temps que surviennent quelques épreintes, avec émission de glaires et sensations de pesanteur au périné. Le neuvième jour, émission abondante de pus par l’anus, soulagement immédiat ; l'amélioration dure quatre jours, puis la fièvre, les douleurs, le ténesme, les glaires, etc., reprennent progressivement ; au toucher rectal, on sent une masse qui bombe dans le Douglas.

Nous voilà au quinzième jour après la première intervention. On se décide à ponctionner le rectum au trocart ; cette ponction amène l’issue d’une quantité abondante de pus ; on incise alors sur le trocart la paroi rectale, et il s'écoule près de 800 à 900 grammes d’un pus très fétide.

Le lendemain, on assista à une grosse amélioration, mais les jours suivants, la température reprend progressivement, jusqu’à 39°; un nouveau toucher rectal montre qu’il persiste encore une masse qui fait saillie dans le Douglas. On s’apprêtait à réintervenir par le rectum quand, dans la nuit, une émission considérable de pus

se fait spontanément, suivie d'amélioration et d’une guérison définitive.

Le jeune malade quitte la maison de santé le 9 mars

(Professeur JEANNENEY, Société de Chir. de Bord., in Gaz. Hebd. des Sc. Méd. de Bordeaux, année LIV, n° 31, 30 juillet 1933.)

Fernand Gil... 12 ans, convalescent de rougeole grave, entre d'urgence à la maison de santé le 20 janvier, pour appendicite aiguë datant de la veille. A l’intervention, appendice gangrené en position iliaque basse ; autour de l’extrémité, on trouve un peu de pus. Appendicectomie avec enfouissement, aspiration électrique du pus ; mise en place au niveau du foyer appendiculaire de deux gros drains méchés.

Suites opératoires. — Le cinquième jour après l’intervention, foyer de congestion pulmonaire qui va durer six jours.

Trois jours après l’ablation des drains, la température remonte peu à peu pour atteindre 39°, en même temps que surviennent du ténesme, des douleurs, de la pesanteur rectale, des glaires. On assiste à la formation d’un abcès de la fosse iliaque gauche qui fait saillie de plus en plus dans le rectum et qui se présente comme un abcès abdomino-pelvien à prédominance abdominale. Quinze jours après l’appendicetomie, on incise labcès par le rectum ; cette intervention donne issue à un demilitre de pus très fétide, avec des gaz abondants.

L'enfant sort guéri le 28 février.

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