‹ Des Actes Automatiques de Nature ComitialeChapitre 53 sur 56 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

L'épileptique, sujet à ces équivalents, peut donc agir à peu :

de chose près comme le ferait un individu normal. L'absence des manifestations confusionnelles classiques rend aiors particulièrement délicate l'appréciation de la nature comitiaie de l’automatisme. II importe, lorsque ces manifestations surviennent presque isolément, d'en analyser les caractères et d'en déceler le lien causal. En dehors des signes essentiels qui peuvent manquer : impulsivité violente, troubles du caractére et de la mémoire, concomitance d'actes désordonnés plus ou moins absurdes et inopportuns, il faudra, eu groupant tous les témoignages possibles, rechercher des accès qui eussent pu passer inaperçus. Les traces sanguinolentes observées sur l’oreiller des malades, des ecchymoses inexpliquées, des cicatrices linguales, des énurèses fortuites seront des présomptions précieuses, M. De Clérambault a justement insisté sur des migraines caractéristiques, véritables équivalents à elles seules. La pâleur subite du visage avant l'attaque du petit mal ne saurait être assez notée. L’inexpressif de la mimique ou sa discordance avec le genre d'acte consommé seront des signes de quelque valeur. II faut également rechercher si l'individu n’a point présenté déjà des accès d’automatisme incoordonné. Enfin, l’automatisme conserve toujours quelques caractères spécifiques : soudaineté d'apparition, périodicité, constance des mêmes manifestations, égocentrisme marqué, imprévoyance relative dans la poursuite du but apparent. L'’amnésie consécutive ou lirrésistibilité consciente de l'acte complèteront le tableau clinique.

En l'absence de ces éléments de présomptions légitimes, après avoir éliminé les autres causes d'états similaires, il

sera bon d'orienter ses investigations vers le passé du ma-

Het de dPculte un foiard dans le rt ne von pe. ou physique de l'individu, de noter des convulsions infantiles, d'apprécier à leur juste valeur des stigmates de dégénérescence et des malformations cràniennes.

En outre, les tests tant biologiques que du “+ NE fourniront un appoint important dans ce diagnostic. Le dé- | séquilibre vagosympathique, sans en exagérer la valeur (L | | . Marchand et Adam), corroborera parfois des données incer- ; faines. Le Professeur Claude et ses élèves ont de plus insisté sur le profit que l’on peut tirer de l'épreuve de l'hyperpnée expérimentale, Mais, il faut le dire, les résultats de ces examens sont assez inconstants et l’hyperpnée peut créer de toutes pièces des crises hystériques.

L'analyse psychologique, enfin, grâce à des épreuves mé- thodiques, ne sera jamais négligeable. Sommer, Christoffel, Riklin et Isserlin ont ouvert la voie de ces recherches. Ces auteurs ont retenu les caractères suivants comme assez paa thognomoniques : répétition incessante des mots dans 8 __ angage courant, abondance des associations par assonancs à avec temps de réaction prolongé, persévération de la réac- + tion, difficulté des définitions par des mots appropriés, circonlocutions dans les réponses et tendance à l'énonciation d'idées générales assez vagues. = Il ne faudrait pourtant point se croire autorisé à asseoir un diagnostic sur ces eue F constatations. - 0 , C'est à la fois sur un ensemble de symptômes et sur Due moyenne que l'on concluera. Mais la mathématique n’a que faire en l'occurence et le plus sûr garant de la vérité seræ représenté par l'expérience du médecin et de l'expert.

Diagnostic différentiel

& En tant qu'automatisme complexe, l'on se doit de distin- “A guer les manifestations coordonnées de l'épilepsie de trois & ke sortes de syndrômes au cours desquels lautomatisme se 1e manifeste différemment : l’hystérie, la confusion mentale, Re l’automatisme mental proprement dit ou syndrôme d'action ES extérieure,

act +

ee Dans lhystérie, les phénomènes automatiques sont aisé-

j | he he me l'+ > K RSS mer nn a. la suggestion (pithiatisme de Babinsk).… EURE | L'hypnose serait susceptible de révéler la mémoire alter mante, L’hystérique est plus malléable que le comitial, eu “ “dépit d’une certaine persévération dans les thèmes de Ë ve Enfin, même dans les périodes intermédiaires, il témoigne - a’un état mental qui n'est point le fait de nos sujets et. RER l'on peut déceler des anesthésies qui ne sont jamais que Er paroxystiques chez l'épileptique. Pourquoi rangerait-on dès 1ors dans un cadre qui se rétrécit chaque jour des manifes- N tations qui portent en soi la marque de l’épilepsie ? Il est. Fos 1 trop facile de résoudre tout par la négative et de rattacher au pithiatisme ces troubles rien que sur la notion de 1 Te aspect extrinsèque. Parmi les sujets que nous avons exami- at nés, aucun d'entre ceux qui présentaient des épisodes con- vulsifs n’offraient alors les symptômes des paroxysmes hys- tériques (cris, sanglots, contorsions, clownisme, succession nn

metté 2. doll dar le

de ces crises avec reprise des mouvements eonvulsifs). — es A Chez les femmes, les accès ne pouvaient être provoqués -

| par la compression des zones spasmogènes. De ce point de 20 vue, l’examen objectif ne s’est montré pas moins négatif -chez tous nos malades (pas de rétrécissement du champ vi- (24 7 suel, pas d’hémianesthésie sensitivosensorielle ou d’anesthé- MD

sie pharyngée). DE Su

Le confus, lui, ne témoigne que d’un automatisme frag- TR mentaire sans durée et sans cohérence, Nos malades ne sont =

pas des confus, mais des absents et la confusion mentale ne de s’installe jamais avec la brusquerie dé l’absence. Elle tra- Re T e duit presque constamment dans le mal comitial l'épuisement :

postparoxystique, alors que l'automatisme peut survenir L708 même en dehors des crises. Bien plus, l’automatisme croît Fe en raison inverse de la confusion, ce que montre l’observa- ER

tion de sa coordination progressive et la gradation de sa 9

complexité. L’onirisme qui, pour certains, serait à ‘a base, L n’est d’ailleurs pas en rapport plus étroit avec lui qu’il ne ER l'est avec la confusion, ainsi qu'en fait foi une remarquable - M observation de MM. Marchand et Bauer. Il signe simplement Mer”. le libération concomitante des centres psychosensoriels. Dh : L'automatisme psychosensoriel (syndrôme d'action exté- #4) ærieure (H. Claude), automatisme mental (De Clérambaull),

fé] te AA lérooe regrettable du ter ni notoire me. Les troubles sensoriels n'ont que peu tendance à la ré flexion motrice. IIS convergent vers le moi qu'ils dissocient ; h sans s’y intégrer. Leur organisation est subjective. Clinique- ; ‘à nent, le diagnostic ne se pose pas. Les processus psycholoques seuls méritaient une discrimination RAR SE PE

RS TU nn ï i F e » 3 x L 27 ss ; \ CONCLUSIONS L — La discrimination des actes automatiques hystéri-

ques et épileptiques a fait l’objet de nombreuses controverses. Plus que les grandes fugues qui retinrent surtout l’attention, l'étude du petit automatisme comitial, des chaînons successifs qui de la confusion atteignent à un semblant de lucidité

par le fait de leur coordination progressive, permet d'émettre

une opinion sur la nature intime de cette activité pathologique.

IT. — Il y a des rapports évidents de temps et de nature entre les manifestations classiques de l’épilepsie (convulsions, vertiges et absences) et l'apparition de l’automatisme le plus coordonné. Chez un même malade, tous les degrés se peuvent rencontrer qui unissent par des types successifs de transition le mouvement désordonné à l'acte adapté. Trois échelons principaux se remarquent : 1° L'acte mal conçu est mal exécuté : la synthèse des associations mentales secondaires est entravée par la dispersion confusionnelle des éléments de la pensée ; 2° L'acte plus significatif reste imparfait dans son exécution : le trouble des perceptions, celui de l’autoconduction, l'accélération des représentations mentales entraînent soit de la dyspraxie, soit le simple jeu cinétique de l’action sans adaptation motrice adéquate ; 8° La perfection de l’exéeution cadre avec la cohésion des mobiles : il y a

eupraxie.

L'observation des rapports réciproques des grandes attaques et de l’automatisme permet de rattacher au mal comitial l’automatisme pur ou intercalaire.

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