I. — ADÉNITES AIGUES
Les phénomènes phlegmoneux dont s'accompagne linflammation ganglionnaire sont susceptibles de donner le change au point de vue du siège primitif de la lésion et de son point de départ.
YŸ A-T-IL ADÉNITE ? — Généralement le diagnostic de l’adénite aiguë est facile.
Un furoncle de la joue serait difficilement la source d'une erreur de diagnostic. Le furoncle est plus superficiel, il est toujours sous cutané, sa forme acuminée, sa coloration rouge violacée, son évolution, l'existence d'un cratère punctiforme et surtout l'existence d’un bourbillon le distingueront de l'adénophlegmon.
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La fluxion dentaire rappelle l'adénophlegmon, mais dans ce dernier, la tuméfaction de la joue est toute autre ; on la sent exlusivement envahie et l’on constate l'intrigité des mâchoires. Le gonflement, la douleur sont très différents du gonflement de l’ostéopériostiteé d'origine dentaire. La fluxion n’est souvent que la conséquence d'un abcès dont on reconnaîtra facilement l'existence en mettant le doigt de la bouche du malade.
Avec l’abcès alvéolaire, l'intégrité du sillon gingival plaidera en faveur de l’adénite, la présence de la tumeur douloureuse au bord de l’alvéole, sa présence dans le sillon empâté décélera la présence d’une collection purulente alvéolo-dentaire, le diagnostic s'impose.
Un ganglion suppuré siégeant au niveau de l'artère faciale peut être animé de battements et devenir le siège d’un souffle vasculaire. L'histoire de la tumeur, son évolution feront rejeter l'hypothèse d'un anévrysme.
Le diagnostic avec l’actinomycose est plus difficile, cependant la tuméfaction a une consistance spéciale intermédiaire entre la mollesse de l’œdème inflammatoire et la dureté des néoplasmes, l’œdème n'est pas franchement phlegmoneux. Les douleurs sonttrès vives et surviennent par crises violentes intenses. Le trismus est précoce accentué alors que dans l’adénophlégmon, il s’agit plutôt de gêne fonctionnelle. La peau est plus rapidement envahie, elle s’amincit, rougit par place, puis s’ulcère ; la multiplicité des fistules devient alors un signe prèsqu'évident d'actinomycose. Les ganglions voisins ne sont développés qu'exceptionnellement.
Enfin l'examen microscopique du pue indiquera la nature exacte de la lésion.
Dans les formes nodulaires indolentes, le traitement ioduré tranchera la question.
L'adénite génienne du groupe maxillaire peut être confondue avec l’ostéopériostite du maæillaire inférieur.
L'examen de la bouche permet de distinguer ces deux affections. L'absence de douleurs et de tuméfactions du vestibule de la bouche dans l’adénite prouve l'intégrité du maxillaire. Dans l’ostéopériostite cette région est tuméfiée et douloureuse à la pression.
Les kystes sébacés ou dermoïdes enflammés diffèrent de l’adénite par leur mode de début, leur évolution, l'étude des anamnestiques.
QUELLE EST LA CAUSE DE L'ADÉNITE ? — Une fois le diagnostic d'aénite posé, il nous faut rechercher le point de départ de l’affection.
Nous avons vu que dans la majorité des cas, l’adénite reconnaît pour origine une lésion gingivo-dentaire, aussi faudra-t-il commencer par pratiquer un examen minutieux de la cavité buccale.
Généralement, ce diagnostic est facile, car l’adénite ne succède guère qu’à des lésions étendues et profondes ; carie pénétrante, périodontite, quelquefois cependant c’est une racine recouverte par la gencive ou une ulcération minime qui sera le point de départ de l’adénite. D'une façon générale, cependant, on peut dire que la gêne pour ouvrir la bouche est plus grande dans l’adé-
nite d’origine dentaire, il y a généralement ainsi une
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légère tuméfaction osseuse dans le sillon gingivo-buccal correspondant, souvent il existe une dent douloureuse. Le diagnostic de cette cause passera rarement inaperçu, Car il sera tout naturel pour examiner de telles adénites par le palper de faire ouvrir la bouche au malade.
Si l'on ne trouve rien du côté de la bouche on fera une inspection attentive de la muqueuse nasale, des téguments voisins y recherchant les ulcérations, l’impétigo.
La tuberculose aiguë des ganglions est exceptionnelle et l’état général du sujet pourrait seul nous faire supposer cette cause.
IT. — ADÉNITES CHRONIQUES:
Ÿ A-T-IL ADÉNOPATHIE DE LA JOUE? — Quand le ganglion est petit, dur, et forme une tumeur qui roule sous le doigt, le diagnostic est pour ainsi dire aisé.
L'existence d’adénites concomittantes éclaircira le diagnostic.
Il faudra néanmoins penser aux kystes, aux gommes, etc., pour les éliminer.
Les kystes sébacés sont assez fréquents à la face ; comme les ganglions tuberculeux ils sont généralement uniques ; ils se développent très lentement, sans cause appréciable, leur volume ne dépasse pas celui d’une noisette. Dus à la rétention des produits pilo-sébacés, ils sont toujours superficiels, tandis que le glanglion roule sous le doigt, le kyste est pour ainsi dire enchassé
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dans la peau, ils ont une consistance plutôt molle, la peau qui les recouvre prend rarement la teinte violacée.
Les kystes dernoïdes sont congénitaux, ils ont une consistance molle mais surtout ils sont exceptionnels en avant du masseter là où se trouvent les ganglions.
Les kystes salivaires sont rares, ce sont de petites tumeurs dures situées le long du canal de Sténon se développant aux dépens des glandules salivaires des joues.
Il faut aussi penser à la présence possible d’un lobule . glandulaire plus ou moins volumineux, “véritable paro- tide aberrante que l'on rencontre parfois annexé au canal de Sténon, au voisinage du point où il s'enfonce
dans le muscle buccinateur. « Si nous signalons cette cause d'erreur, dit Albertin, c’est parce que dans un cas d'épithélioma de la région nosogénienne, nous pensions trouver un ganglion génien, et l'opération nous fit découvrir un lobule glandulaire, parotide accessoire du volume du noisette. Dans un autre cas d’épithélioma . du dos du nez,nous eûmes à enlever un ganglion génien qui, à la palpation, nous avait donné une sensation de dureté beaucoup plus marquée que dans le premier cas. La mollesse de la petite tumeur, sa moins grande mobilité, le fait que le malade pourra l'avoir perçue avant le début de l'affection de la joue ou de la région voisine pourrait permettre de reconnaître la présence de cette parotide accessoire dont la présence à l'extrémité antérieure du canal de Sténon est d’ailleurs rare. »
Les Chéloïdes fausses succèdent à des brûlures.
Les Chéloïdes vraies, sont des tumeurs fibreuses allon-
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œées, irrégulières, de petit volume, présentant des irradiations très douloureuses, elles siègent très rarement sur les joues ; généralement c’est à la région sternale qu’on les trouve, plus fréquemment chez les sujets tuberculeux.
Les lipomes buccaux ont été signalés par Dolbeau. Leur point de départ est la boule graisseuse de Bichat et par suite (la boule de Bichat étant en dedans du masseter) ils proéminent sous la muqueuse buccale en avant de la branche montante du maxillaire inférieur. Ils ont une consistance molle fluctuante qui les a parfois fait prendre pour des collections liquides, la muqueuse est soulevée à leur niveau, irrégulière, lobulée ct déprimée par place. |
Les gommes syphilitiques évoluent lentement se résorbent rapidement sous l'effet du traitement. Elles n’atteignent généralement qu'un petit volume si elles siègent dans le derme, elles sont fixées à la face profonde de la peau, elles sont mobiles quand elles sont dans l'hypoderme. Elles peuvent arriver à la suppuration, la peau se tend, s’amincit, devient rouge; la fluctuation s'établit, la peau se rompt, il s'écoule un liquide filant de consistance gommeuse. Le diagnostic de l’ulcération arrondie, profonde, à bords nettement taillés est facile.
Les gommes tuberculeuses, sont irrégulières, multiples, coïncident avec d’autres manifestations tuberculeuses.
Il est à peine besoin de signaler les-tubercules souscutanés, douloureux, exceptionnels dans la joue, déter-