‹ Des Adhérences des Petites LèvresChapitre 15 sur 17 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Quelle conduite tenir en présence d’adhérences telles que celles que nous venons de décrire ? Devra-t-on compter sur une rupture spontanée ou bien devra-t-on intervenir et à quel moment convient-il d'intervenir ?

Nous devrons d’abord distinguer pour le traitement plusieurs cas : à

Un premier groupe dans lequel il n'existe aucun trouble fonctionnel, et nous entendons surtout par là aucun trouble du côté de la miction.

Un second groupe où les adhérences s’accompagnent de troubles dans l’excrétion urinaire.

Enfin une troisième série dans laquelle les adhérences sont compliquées de vulvite.

Dans les cas du premier groupe, si les adhérences sont reconnues dès la naissance, on pourra attendre le courant de la seconde année, alors que l'enfant aura commencé à marcher. Dans cette

occurrence l'opération sera réduite au minimum de traumatisme, et le plus souvent le simple décollement manuel, un pansement à la vaseline renouvelé chaque jour afin d'empêcher toute reprise des adhérences suffira pour les faire disparaître totalement.

Malgré l’innocuité de l’anesthésie générale chez l'enfant, ilsera inutile d’y recourir ; nous croyons absolument superflue l’anesthésie locale au moyen de badigeonnages à la cocaïne, les tiraillements étant peu douloureux; il sera toujours possible d'obtenir une immobilisation suffisante pour pratiquer ces tractions, analogues à celles qu’on exerce pour détruire les adhérences du prépuce au gland. Il suffit en effet d’écarter chaque moitié de la membrane obturatrice, avec les pouces appuyés de chaque côté. Cette manœuvre ne demande aucun effort. 5 | Les conditions d'intervention seraient bien différentes si l’on était obligé d'intervenir comme nous l’avons vu deux ou trois fois, à quelques semaines ou à quelques mois de distance dans ce cas, l’enfant proteste, résiste d’une façon telle qu'il vaudra mieux lui faire respirer quelques bouffées de chloroforme. Nous avons vu anesthésier plusieurs fois des enfants le matin de bonne heure avant leur réveil et nous pensons que cette manière-de faire est particulièrement recommandable lorsqu'il s’agit des organes génitaux.

L'hémorrhagie est insignifiante, et on n'aura

Pie

même pas à redouter d’inflammation consécutive. Le procédé manuel est le procédé d'élection ;

on est assuré, en effet, de la sorte de pouvoir

mesurer son effort, de ne point contondre les parties voisines si délicates ; toutefois, on peut dans certains cas pousser une sonde cannelée en arrière des adhérences et les détacher de cette manière.

Lorsque celles-ci sont plus résistantes, plus épaisses, on pourra être obligé de sectionner d’un coup de bistouri dirigé sur la sonde cannelée. Enfin, on pourra encore user de petits ciseaux allongés. De

S'il coule quelques gouttes de sang, l’application d’un tampon d’ouate imbibé d’une solution d’antipyrine arrêtera rapidement l'écoulement du sang. 2

L'emploi du thermo-cautère sera exceptionnel ; toutefois, dans le cas d’adhérences persistantes ou ayant une certaine tendance à se reformer après des interventions manuelles et instrumentales avec le bistouri, on usera avec la plus grande prudence du thermo-cautère, dans ce cas l’anesthésie sera indispensable. Si minime que soit l'opération, Si peu étendue que soient les surfaces cruentées, on lavera avec soin la vulve avec une solution boriquée. |

Une fois le conduit vulvo-vaginal rendu libre, il faudra en assurer la perméabilité et prévenir de nouvelles adhérences. Cette seconde indication est obtenue en isolant Ie bord libre des petites lèvres

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jusqu’à la cicatrisation complète au moyen d’un pansement antiseptique. On se servira avec avantage d’ouate hydrophile enduite de vaseline.

Dans les interventions intéressant le périnée, telles que fistules anales, dilatations anales, périnéorraphie, etc., on observe fréquemment à la suite une rétention d'urine. Dans aucun des cas que nous avons relaté, cette complication post-opératoire ne s’est présentée ; cependant, il sera toujours bon d’y songer, et de surveiller l'enfant quelque temps à ce point de vue. Dans les cas où elle

existerait, on commencerait par faire prendre à

l'enfant un bain tiède, moyen qui suffit souvent pour déterminer la miction. Si la rétention persistait, on provoquerait l'émission des-urines par les, moyens ordinaires.

Nous n'avons envisagé que la première catégorie d’adhérences, celles qui ne comportent aucun trouble de la miction. Dans le second groupe où l’on observe les troubles urinaires que nous avons

décrits, il faudra opérer aussitôt que l’occlusion

aura été reconnue.

Enfin, dans les cas où il existerait une vulvite due, soit à une cause locale, soit à une cause générale, il importerait de surseoir, et de soigner au préalable la vulvite par des moyens appropriés, par un traitement général et des topiques locaux, et seulement alors que les tissus ne seront plus cnflammés, agir suivant les préceptes que nous avons énoncés.

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