OBSERVATION
G..., fillette de 5 ans 1/2, est examinée par M. le D' Rémond (de Paris), qui constate une fusion des petites lèvres, fusion due à une membrane qui lui semblait assez résistante. Il n’y a pas trace de vulvite. Cette adhérence, d'abord rompue par un chirurgien, reprend au bout de
! peu de temps. L'enfant fut incidemment examinée par un accoucheur qui incisa au bistouri sur la sonde cannelée. Les parties furent isolées par un pansement, et malgré ce dernier les adhérences reprirent de nouveau.
Le D' Rémond fut appelé de rechef à voir l'enfant
Lo
chez laquelle les adhérences s'étaient reformées pour la
seconde fois; on distinguait nettement sur la ligne médiane
de ja membrane la cicatrice de l’incision. Les adhérences furent rompues pour la troisième fois avec le seul aide de
la sonde cannelée, et le thermocautère fut approché avec
précaution du reliquat des membranes. On plaça un pansement isolateur et cette fois l'enfant guérit. :
L'examen histologique d’un fragment de cette
membrane aurait peut-être pu donner sur l’étio-
logie de ces adhérences des éclaircissements.
Malheureusement aucun des observateurs n’en à recueilli, et nous ne croyons pas que l'examen
histologique en ait été jamais fait.
ANALOGIES ENTRE LES ADHÉRENCES PRÉPUTIALES ET CELLES DES PETITES LÉVRES.
Tous les auteurs qui ont mentionné les adhérences qui nous occupent les ont comparées aux adhérences du prépuce au gland. Cette comparaison, qui est répétée presque toujours sous la même forme, ne comporte nulle part d'autre développement. Si nous reprenons les divisions au point de vue pathogénique, que nous avons adoptées, nous trouvons dans Bokai une explication
des-adhérences préputiales congénitales : € A la
naissance, d’après les recherches de Bokai, il y a normalement adhérence entre le prépuce et le gland, sur la plus grande partie de leurs surfaces. Cette adhérence est constituée par des couches de jeunes cellules épidermiques, cornées, qui se produisent d’avant en arrière. Cette adhérence, dit le professeur Bokai, peut dans certains cas s'étendre aux lèvres du prépuce de façon à le rétrécir » (in th. de Piussan, 1884).
es Pr
Cette adhérence, ajoute-t-il, qui disparait en général dans les premiers jours après la naissance, peut persister jusqu’à un an et plus. Dans quelques cas, la symphyse subsiste toute la vie.
Il s’agit bien ici d’adhérences congénitales, et celle description peut s'appliquer aux adhérences congénitales des petites lèvres chez les petites filles. L'évolution elle-même est identique puisque, nous l'avons vu, elles peuvent disparaitre spontanément ou persister dans l'adolescence, voire même à l’âge adulte. Mais certaines adhérences préputiales, préparées pour ainsi dire par les rapports du prépuce et du gland, peuvent survenir à la suite de balanites surtout fréquentes dans l'enfance et persister à la suite de balanites répétées. Une atrésie incomplète peut même d'après Cullerier être la suite de ces inflammations.
« Cullerier ne disait-il pas que la structure normale du prépuce se trouvait modifiée par des inflammations répétées, que l’ouverture du prépuce se rétrécissait, et qu’il pouvait ainsi se produire une atrésie incomplète. Le phimosis peut donc être le résultat d’une inflammation préputiale fréquemment renouvelée et causer la balanite à lui seul » (1).
Cette manière de voir s'applique absolument aux adhérences des petites lèvres, et on peut expliquer de la sorte leur coalition après des