CHAPITRE VII
LÉSIONS CORNÉENNES
Les lésions cornéennes consécutives à l’obstruction des voies lacrymales sont nombreuses ; en effet, en dehors des abcès et ulcères graves, on trouve des lésions cornéennes multiples et plus bénignes, directement causés par la stagnation lacrymale.
Nous étudierons dans un premier groupe ces lésions légères, ces érosions épithéliales; dans un second groupe, nous grouperons les diverses kératites, les leucomes qui en sont le résultat; dans un troisième groupe, nous étudierons les ulcères et les abcès de la cornée.
A. — DESQUAMATION ÉPITHÉLIALE. — PHLYCTÉNULE
On voit souvent, dans le ophtalmies lacrymales, la cornée participer aux lésions des conjonctives; ces dernières étant plus prononcées attirent l'attention et font négliger les lésions cornéennes peu apparentes d’ailleurs.
Mais un examen attentif montre que la cornée n’a plus sa netteté habituelle, ne présente plus la même transparence que dans l’œil sain.
L’épithélium cornéen parait soulevé et infiltré; dans d’autres cas il y a une véritable exfoliation ; il se produit de véritables taies imperceptibles à l'examen direct.
La réparation de ces exfoliations épithéliales se manifeste par un paquet vasculaire qui de la conjonctive bulbaire se dirige vers la partie atteinte; l’épithélium est plus épais, moins adhérent au tissu cornéen ; il peut se produire un exsudat liquide entre ses couches et de la formation de phlyctènes.
Ces phlyctènes sont rarement volumineuses et elles sont décélées généralement par la présence du pinceau vasculaire périkératique. ;
Les lésions de ce groupe sont très fréquentes dans les stagñations lacrymales, mais leur peu de gravité fait qu’elles pas-
sent souvent inaperçues et sont rarement notées dans les observations.
B. — KÉRATITES. — PANNUS. — LEUCOME
La kératite est une complication assez fréquente des affections des voies lacrymales: soit au centre, soit à la périphérie, on voit apparaitre chez les lacrymaux anciens des opacités diffuses, tantôt superficielles, tantôt plus profondes. Ces points de kératite envahissent rarement toute la cornée; ils ne provoquent pas de lésions graves, disparaissent souvent spontanément, mais récidivent facilement. Dans certains cas ils laissent après eux des leucomes plus ou moins épais.
La stagnation lacrymale est une des conditions qui favorisent le mieux la production du pannus chez les granuleux; il est rare de rencontrer un granuleux atteint de rétrécissement lacrymal dont les cornées soient saines; il est difficile de faire la part exacte de la stagnation dans l’étiologie du pannus granuleux, car toutes les causes pouvait produire la kératite vasculaire se trouvent réunis :
1° Le terrain: les granuleux sont des lymphatiques presque toujours, sinon des scrofuleux, à tel point que Roœlhman, Truc et Pannas pensent que la cause du pannus serait dans
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l'état diathésique général plutôt que dans l'affection palpébrale locale ;
2 L'irritation locale: les granulations, soit directement par frottement, soit par propagation de linflammation des conjonctives, sont une source d’irritation continuelle pour la cornée;
30 La stagnation lacrymale, qui fait baigner la cornée dans un liquide très alcalin capable de créer à lui seul des lésions cornéennes, stagnation lacrymale, qui est d’autant plus marquée dans ce cas,que par suite de l'inflammation oculaire,
les glandes lacrymales fournissent une sécrétion plus abondante.
Ces causes s’ajoutant les unes aux autres, on comprend la fréquence des lésions cornéennes dans les conjonctivites granulo-lacrymales.