D. — ULCÈRES DE LA CORNÉE
Quelles relations existent entre l’ulcère de la cornée et l’état
lacrymal ?
On ne trouve pas dans les différents auteurs des données
exactes sur ce sujet.
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Le Traité des maladies des yeux de De Wecker et Landolt reconnaît que la kératite des moissonneurs tire souvent sa gravité de ce que les voies lacrymales sont obstruées.
Les ulcères, dit Rohmer, ont souvent pour origine une suppuration de voisinage, telle qu’une conjonctivite chronique, une dacryocystite. É
Trousseau, étudiant les germes pathogènes de l’œil, n’admet pas l'influence de la stagnation lacrymale; pour lui, les microbes pathogènes venant de lextérieur seraient plus à redouter.
Chibret reconnaît que la non-perméabilité des voies lacrymales est la cause la plus fréquente de ces accidents infectieux.
Ange Verdese (de Gênes) est frappé de la fréquence des ulcères de la cornée dans les affections des voies lacrymales, à tel point qu’il croit que, dans presque tous les cas, le larmoiement simple précède l’ulcère de la cornée. L’éphiphora est souvent dû à un rétrécissement, à une obstruction passagère du point lacrymal, à une inflammation diathésique ou autre, momentanée ou chronique, du canal lacrymal; mais il pense et a constaté qu’en recherchant minutieusement on trouve toujours un trouble dans le cours des larmes.
Il est une chose reconnue de tous les auteurs, c’est que la stagnation lacrymale facilite les desquamations de l’épithélium cornéen et la formation d’ulcères de la cornée. Mais, en dehors de l’épiphora ou de la dacryocystite, lulécère peut se développer sous une cause prédisposante que les auteurs font dériver d’une cachexie.
Les cachexies mises en avant sont les suivantes :
1° La scrofule ;
2° Les mauvaises conditions hygiéniques ;
3° La débilité sénile; (?)
4° La tuberculose ;
7 DE 5° Le diabète; 6° L’albuminerie ; 7° La pneumonie des vieillards ; 8° L’alcoolisme.
Soit, toute cause débilitant l'organisme prédispose aux ulcérations cornéennes. Mais comment évolueront ces ulcérations ?
Les ulcérations simples, traumatiques ou diathésiques, évolueront plus au moins rapidement, guériront, laissant des traces plus ou moins ineffaçables selon leur étendue, l’état général et l’âge du sujet.
Mais une pareille ulcération se produira-t-elle chez un lacrymal, le prononostic estplus grave.
Les ulcères simples, chez les lacrymaux, sont tenaces ; dans quelques cas, ils sont atoniques et ne s'étendent pas; mais ils n’ont pas de tendance à guérison.
Plus généralement, l’évolution de lulcère lacrymal sera tout autre. Un ulcère se forme chez un lacrymal, il s’infecte rapidement au conctact des larmes et l'hypopion est la règle.
Pour que l'infection se fasse, il n’est pas indispensable qu'il y ait dacryocystite ; la dacryocystite est une condition favorable, mais le simple catarrhe des voies lacrymales, la stagnation lacrymale seule suffit.
Nous voyons dans les statistique de la Clinique la dacryocystite coïncider rarement avec l’ulcère à hypopion.
Pourquoi cela ? C’est que le malade porteur d’une dacryocystite fera généralement soigner de bonne heure son affection, tandis qu'il ne s’inquiétera pas d’un épiphora simple, et le négligera.
Que penser du rôle des cachexies dans la production de l’'ulcère à hypopion ?
Les cachexies restent, bien entendu, comme causes
médiates, mais l'élément septique est la cause directe de la forme à hypopion.
Pour M. Truc, pour A. Verdese, à peu près tous les ulcères à hypopion sont des ulcèrres lacrymaux. Si cependant on étudie les statistiques, on ne trouve pas le larmoiement aussi souvent que l’indiquent ces auteurs.
Denti, à la poliambulance de Milan, a relevé 126 cas d’ulcères infectieux ; dans 111 cas, il se forma de l'hypopion ; et cependant, dans 104 cas, les voies lacrymales étaient intactes. L'état lacrÿymal entrerait en jeu, seulement une fois sur cinq: les chiffres que nous avons trouvés à la Clinique donnent une proportion plus considérable.
Pour Pannas, l’ulcère infectieux coïnciderait avec les affections lacrymales une fois sur trois.
En réalité, fait remarquer Verdese, la proportion est plus élevée ; seulement le facteur étiologique lacrymal reste souvent inconnu, parce que aucune investigation n'est poussée de ce côté, mais un examen attentif du malade, la juste observation du développement de la maladie ne laissent aucun doute, et dans la plupart des cas le larmoiement simple précède les complications de la cornée.
Quel sera le traitement de ces ulcères ?
Le traitement consistera en premier lieu dans le cathétérisme, le lavage des voies lacrymales; ces lavages devront être répétés plusieurs fois par jour, au moins le matin et le soir, et précédés de la toilette périoculaire et d’injections de liquides antiseptiques dans les culs-de-sac ( voir obs. XXII).
Partant de ce principe, que ces ulcères lacrymaux sont non pas des ulcères infectieux, mais des ulcères simples, aptes à être infectés, beaucoup d'auteurs repoussent l'emploi du fer rouge dans leur traitement.
Nous avons vu souvent M. Truc employer le fer rouge dans