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GHAP. II. ART. 1. — CONVULSIONS GÉNÉRALES

rhôpital Lariboisière^ et que nous relaterons avec détails à la place qui lui appartient^ nous affermit encore dans notre manière de voir. Il s'agit d'un homme chez lequel nous avons vu se dérouler des troubles nerveux variés qui tous^ pensons-nous, étaient sous la dépendance d'une diathèse syphilitique; ces troubles^ nous les avons dès le début considérés comme symptomatiques de lésions osseuses ou fibreuses^ ce que prouvaient clairement une tumeur de larégion parotidienne et un écoulement suspect par le conduit auditif externe. L'iodure de potassium amena assez rapidement une guérison à peu près complète^ et le ma* lade quitta l'hôpital débarrassé de presque tous les symptômes qu'il avait présentés. Peu de semaines après, cet homme ren* trait à l'hôpital avec tous les signes d'une violente compression cérébrale à laquelle il succomba. L'autopsie démontra que tout le sphénoïde était transformé en une masse molle, d'apparence squirrheuse tendant à l'encéphaloïde, d'un volume triple de celui que présente ordinairement cet os, et comprimant la plupart des nerfs crâniens. Cette lésion, constituant, suivant H. Robin, une tumeur gommeuse type^ était évidemment ancienne, et c'est elle qui avait causé les accidents antérieurs. Or, malgré la persistance de la lésion, tous les symptômes avaient cédé au traitement spécifique. Comment expliquer ce fait ; comment surtout, après en avoir été témoin, oser encore conclure de la promptitude de la guérison à l'absence de lésions matérielles ? Ce cas, nous le répétons, a fortifié en nous l'idée bien arrêtée qu'il n'existe pas de troubles fonctionnels sans lésions organiques; mais il n'en est pas moins vrai que dans un certain nombre de cas il nous est impossible de découvrir la lésion qui doit avoir été le point de départ des accidents, et ce sont ces cas seulement dont nous entendons parler ici.

ARTICLE PREMIER

CONVULSIONS GÉNÉRALES. — (ÉPILBP3IB. ÉCLAMPSIB.)

Un grand nombre d'auteurs anciens et modernes ont admis une épilepsie syphilitique. Bonet,Peiargus, Kaempf, Jos. Franck^

80 PRBMIÈRB PARTIB. — SYPHILIS DU STSTÂMB NERVEUX.

Homobon Piso, Boerbaave et son commentateur Van SwiéteD, Dehaen, Storck, Morgagni, Sauvages, Cullérier Toncle^ Tissot, Maisonneuve, Esquirol, Portai, Graves; de nos jours Vidal de Cassis, Sandras, HH. Trousseau et Pidoux, Ricord^ Delasiauve et bien d'autres sont unanimes pour considérer la syphilis comme une cause avérée de convulsions épileptiformes. Hais disons^e de suite, le plus grand nombre des faits rapportés par ces auteurs ont trait à des épilepsies symptomatiques' de lésions matérielles du cerveau, ou plus souvent encore des enveloppes membraneuse et osseuse des centres nerveux, et à ce titre nous les retrouverons plus loin. Portai croit Tinfluence de la syphilis sur Tépilepsie tellement grande, qu'il se demande si ce n'est pas à un vice scrofuleux ou syphilitique dominant en France qu'on doit attribuer la plus grande fréquence de Tépilepsie dans ce pays (1).

Parmi les nombreuses observations d'épilepsie syphilitique que nous avons trouvées éparses dans les auteurs, nous en avons cependant rencontré 13 dans lesquelles la marche de la maladie, Tabsence de symptômes indiquant une lésion matérielle précise ou d'autres particularités séméiologiques ou étiologiques^ peutêtre aussi, dans quelques cas, l'absence de détails suffisants, nous empêchent de rapporter les convulsions à une lésion matérielle déterminée, et ce sont ces 13 faits que nous allons analyser.

MM. Trousseau et Pidoux paraissent aussi admettre une épilepsie syphilitique sans lésion appréciable lorsqu'ils disent: aL'éa piiepsie peut être quelquefois causée par des exostoses du « crâne, par des végétations de la dure-mère, par toute autre « lésion appréciable ou inappréciable du système nerveux dépena dent de l'infection syphilitique (2). » Nous empruntons plusieurs faits cliniques à M. Yvarenqui conclut dans le même sens.

Malgré ces autorités, nous n'avons pas cru devoir conserver aux faits que nous réunissons ici le nom d'épilepsie que leur ont donné les auteurs. Tout au plus pourrait-on, avec M. Horeau, de Tours, les considérer comme des cas de pseudo-épilepsie. Nous remplacerons ces dénominations par celle de névroses convul-

(1) Portai, Traité de Vfyilepsie, p. 120.

(2) Trousseau et Pidoux, loc, cit., p. 230.

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