V. Électrolyse de la quinine
Des expériences électrolytiques que j’ai faites sur le sulfate de quinine conduisent à des résultats analogues aux précédents. Notons cependant qu’une dissolution neutre de sulfate de quinine conduit si mal le courant que la décomposition n’a lieu qu’avec la plus grande difficulté, à tel point que cette expérience, par laquelle j’ai commencé ces recherches, m’avait fait croire tout d’abord que les sulfates neutres des alcaloïdes ne se prêtaient pas à une décomposition électrolytique.
L’électrolyse du sulfate acide de quinine s’effectue au contraire fort bien : le compartiment positif prend une coloration rouge qui finit par devenir très-foncée, et l’oxy-
gène renferme un mélange d’acide carbonique et d’oxyde de carbone.
On peut tirer des expériences que je viens de décrire, les conclusions suivantes :
1° Le courant décompose les sels organiques en solution aqueuse, et en dernière analyse, l’acide est mis en liberté au pôle positif, l’alcali organique au pôle négatif. C’est ta loi déjà formulée.
2“ Dans une solution acide, plus dinicilement dans une solution neutre, le liquide positif prend une coloration qui est précisément celle que l’on obtient directement par l’acide azotique.
8° Le gaz positif renferme un mélange d’oxygène, d’acide carbonique et d’oxyde de carbone.
h° Indépendamment de ces gaz, il peut se former des produits variés résultant du dédoublement de l’alcaloïde sous l’influence de l’oxygène qui opère une combustion graduelle dans le compartiment positif, d’autant plus énergique que la dissolution est plus acide.
Ce dernier résultat est important, car il fait entrevoir la possibilité de mettre en évidence quelques-uns des générateurs des alcalis organiques, conclusion légitimée par l’électrolyse de l’atropine.
Considérées à ce point de vue, ces expériences que je continue en ce moment, prennent une importance toute particulière et promettent d’amener la découverte de faits qui pourront peut-être un jour être utilisés pour reconstituer synthétiquement les alcalis organiques naturels.
BIBLIOGRAPIHE.