Partie usitée.— Écorce de la tige
Pharmacologie. — Décoction : 30 grammes pour un litre d’eau in fièvres palustres ; de même pour la racine et le fruit, qui est une hespéridie du volume d’un petit melon, présentant de six à seize loges, qui contiennent une pulpe jaunâtre et visqueuse. Péricarpe et pulpe contiennent : tannin, principe amer, huile volatile. Le fruit non mûr est coupé en tranches, séché et administré à la dose de 30 grammes; très-efficace contre la diarrhée et la dysenterie.
Extrait de Bel, 10 à 30 grammes, deux à trois fois par jour.
Sirop de Bel, 30 à 40 grammes.
(Corre et Lejanne. Matière médicale coloniale).
BEJuco. — Hippocratea scandens. Tannin, principe amer.
GUARANA.— Paullinia sorbilis Mart. Sapendacées. Arbrisseau. Croît sur les bords de l’Amazone.
Partie usitée.— Les graines, ou mieux l'extrait qu'on en retire et que lon appelle Marana ou Guarana, du nom de la peuplade, les Indiens Guaranais, qui préparait jadis cette substance.
On broie ces graines, que l’on additionne d’un peu de cacao ou de fécule de manioc. On fait une pâte qu’on fait sécher sous forme de cylindres, d’un brun foncé, à cassure rouge, d’une odeur particulière, d'une saveur amère et astringente.
Composition chimique.— Gomme, amidon, résine, huile volatile, huile grasse, tannin, de la guaranine, qui n’est autre que du tannate de caféine.
Le Guarana est à la fois astringent par son tannin, tonique et stimulant par sa caféine (Gubler).
Pharmacologie. — Poudre, 1 à 4 grammes. Teinture alcoolique, 10 à 20 grammes.
Extrait, 4 à 5 décigrammes. Sirop, 45 à 60 grammes. Chocolat, pommade.
QuixquiNas.— Rubiacées-Cinchonées. La classification de Guibourt
9Q "es (Hist. nat. des drogues simples) fut longtemps celle connue, car on nétudiait en France que les écorces des Quinquinas gris, rouge, jaune et blanc.
Le Codex fait remarquer que cette classification a le tort de désigner sous le nom de Quinquinas gris des écorces de nature et d'efficacité bien différente, puisque les jeunes Quinquinas ont toujours l'écorce grise.
Planchon (in Dict. encyclop.) donne trente-cinq espèces, qu'il caractérise en huit groupes, suivant leur provenance; mais aujourd’hui la culture des Quinquinas les à transplantés dans de nouveaux pays.
Avec M. le D' Héraud (Dict. des plantes médicinales, p. 408), nous décrirons les trois sortes admises par le Codex de 1866 :
1° Quinquina gris huanaco (Gris brun de Lima), fourni par le Cinchona micrantha, arbre de 6 à 10 mètres. Écorce. à forme de tubes régulièrement cylindriques, de 5 à 20 millimètres de diamètre; les petits tubes sont recouverts d’un épiderme finement fendillé, d’un gris un peu bleuâtre et bien adhérent au liber, qui est compacte, rougeâtre, et comme formé de couches agglutinées. Les grosses écorces sont extérieurement d’un gris blanchâtre, ont les fissures plus prononcées et présentent en outre, de distance en distance, des fentes transversales plus marquées.
Le liber est généralement peu épais, d'apparence ligneuse et d’un jaune foncé un peu orangé, qui se ternit avec le temps. Ce Quinquina donne 2 grammes de sulfate de quinine et de 8 à 10 grammes de sulfate de cinchonine par kilogramme (Delondre et Bouchardat).
2° Quinquina jaune royal, calisaya. Fourni par le Cinchona calisaya, arbre élevé.
L’écorce fournit deux espèces commerciales distinctes :
1° L'une, pourvue de son périderme, roulée sur elle-même en forme de tuyaux, provient des branches et des rameaux de l’arbre ;
2° L'autre, privée de son périderme, provient surtout du tronc et des gros rameaux. En plaques plates, plus épaisses.
La première sorte est devenue rare, et cependant sa richesse en
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alcaloïdes en fait un des meilleurs fébrifuges que l’on puisse employer.
Le Calisaya mondé est uniformément fibreux et composé de fibres courtes, qui s’introduisent facilement sous la peau; il faut le prendre épais de 3 à 5 milligrammes, compacte, pesant, d’une couleur fauve uniforme et d’une forteamertume. Il doit donner 30 à 32 grammes de
sulfate de quinine et 8 à 10 grammes de sulfate de cinchonine par kilogramme.
3° Quinquina rouge. — Nombreuses écorces, dont deux seulement sont officimales.
a) Rouge non verruqueux. Attribué au C. micrantha ou au C. nitida. Ecorce présente tous les caractères du Quinquina huanaco. Quelquefois écorce roulée, ou d’autres fois morceaux cintrés.
b) Rouge verruqueux. — C. succirubra. Écorces roulées ou cintrées, ou en éclats de grandes dimensions, en partie privés de leur périderme. Celui-ci est remarquable par son épaisseur et la matière rouge pulvérulente dont il est principalement formé. On le reconnait aux verrues dures et ligneuses placées à la surface du liber, et qui paraissent quelquefois à l'extérieur du périderme. Les deux sortes donnent 20 à 25 grammes de sulfate de quinine et 10 à 12 grammes de sulfate de cinchonine par kilogr.
Les quinquinas habitent presque tous les montagnes de la Bolivie, du Pérou, de la Nouvelle-Grenade et de l’Équateur, dans l'Amérique méridionale. On les trouve dans cette partie des Andes qui s'étendent depuis le Venezuela et la Nouvelle-Grenade par 10° de latitude nord, jusque dans la Bolivie et le Pérou, par 10° de latitude australe. La hauteur à laquelle on les rencontre est comprise entre 1,200 m. et 3,500 m. Les Quinquinas vivent en général isolés.
Composition chimique. — Les écorces de Quinquina doivent leur activité à un certain nombre de principes immédiats, que nous allons rapidement énumérer :
a) Alcaloïdes.— Quinine, cinchonine et leurs isomères, quinidine et cinchonidine, auxquels il faut joindre l’aricine. Quinicine, quinoïdine, cinchonicine, cinchinoïdine. 4
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b) Acides. — Quinique, cinchotannique et quinovique, combinés dans le Quinquina avec la chaux et les alcaloïdes. L’acide cinchotannique, ou rouge cinchonique, est le principe astringent des Quinquinas.
c) Matières colorantes. — Rouge cinchonique, matière colorante jaune, matière colorante verte.
d) Substances neutres. — Gomme, amidon, cellulose.
e) Petite quantité d'huile volatile butyreuse, qui donne à l'écorce son odeur particulière.
f) Des sels minéraux. — Quinates, quinovates, cinchonates de chaux.
Pharmacologie. — 1° Poudres. — 3 espèces:
a) Jaune: Faite avec le quinquina gris; très-astringente (débilité de l’estomac).
Doses : Quelques décigrammes à un gramme, jusqu'à 4 grammes au repas. (Tablettes avec rhubarbe, cannelle, opium.)
b) Jaune orangé. Quinquina calisaya. Très-amère; lourde à l’estomac, contre les fièvres.
Doses : 8 à 12 grammes.
(Entre dans le bolus ad quartanam.)
c) Rouge brun. Quinquina rouge. Saveur astringente et amère. Anseptique, Quinquina et charbon.
2° Produits par l'eau. — Hydrolés, extraits, sirops.
Macération, 30 gram. pour un litre d’eau. Tonique.
Infusion, tonique.
Décoction, 20 gram. pour un litre: la meilleure, tonique et fébrifuge.
Décoction acidulée: au vinaigre, à l'acide chlorhydrique, à la dose de ? gram. par litre. Antiputride.
Lavements, 20 gram. de Quinquina gris ou jaune pour 250 gram. d’eau.
Extraits: mou ou de Quinquina gris, 2 à 4 grammes ; extrait sec de Lagaraye, ? décisgrammes à ? grammes.
Ole Sirop: se prépare avec la décoction ou l'extrait mou qui en provient, 30 à 60 grammes par jour.
3° Produits par le vin, la bière, l'alcool. — Vin de Quinquina du Codex, 50 à 100 grammes.
Vin de Quinquina composé, 20 à 100 grammes.
Teinture, ? à 15 grammes.
Teinture composée ou vin d’'Huxham, 5 à 30 grammes. Extrait alcoolique, 3 décigrammes à 4 grammes. Résine, extrait résineux de Montpellier, 3 décigrammes à 4 gram. Bière, 30 grammes de Quinquina pour un litre. Quinium (extrait de Quinquina épuré à la chaux, c’est-à-dire débarrassé par celle-ci de ses matières grasses et résinoïdes), 20 centigr. à 1 gramme, comme tonique ; 1 à 3 grammes, comme fébrifuge.
Les amers astringents peuvent être considérés comme des substances jouissant: 1° de propriétés névrosthéniques et antipyrétiques dues à leurs alcaloïdes ; 2° de propriétés astringentes dont ils sont redevables à leur tannin; 3° de propriétés stomachiques et toniques générales, que leur communiquent leurs alcaloïdes, leurs matières colorantes ou grasses ou résinoides, leur extractif amer.
Faire l’histoire physiologique des amers astring'ents, c’est faire celle des amers en général et du Quinquina en particulier. Nous avons déjà exposé la première; nous serons bref pour la seconde.
Action locale. — Topiquement, le Quinquina est un tonique plutôt qu'un astringent. Il raffermit les chairs sans les tanner, avive les bourgeons charnus, anémie les tissus par resserrement des capillaires, jouit par son tannin de la propriété de coaguler l’albumine, est antimicrobien par ses alcaloïdes :
1° Digestion. — C’est un tonique des voies digestives, un stimulant de l'appétit. A fortes doses, aigreurs, pincements, sentiment de défail-
DEAD e lance, souvent nausées et vomissement. Il provoquerait la constipation à doses faibles, purgerait par indigestion à doses massives. Le foie n’est pas influencé par lui; la rate, au contraire, se décongestionne, mais lentement; enfin, c’est un stimulant de la nutrition.
2% Circulation. — À l’état normal et à faibles doses, modifications insignifiantes ou nulles sur le pouls. Chez les gens affaiblis, le pouls se relève, au contraire, en force et en fréquence ; et cette action tonique du Quinquina explique bien son action antipériodique, car il donne au système nerveux et circulatoire cette « stabilité d'énergie » dont parle Barthez. ,
Il est plastique, par son tannin probablement, car celui-ci, d’après Gubler, en stimulant les parois vasculaires, favorise et accélère la formation des globules sanguins.
Enfin, par ses divers principes immédiats, il est antiseptique, action qu’on ne peut encore s'expliquer, mais que viennent confirmer les résultats thérapeutiques.
% Respiration et calorification. — Rien de particulier à noter.
4 Innervation. — Il produit, mais à un degré moindre que la quinine, des vertiges, des bourdonnements d'oreille, de la lourdeur de tête, de la titubation.
5, Organes génito-urinaires. — Pour Gubler (in comm.) le Quinquina, en sa qualité d’astringent et de tonique vaso-moteur, serait un agent efficace de la médication diurétique, dans les cas où l’oligurie dépend d’un état d’hypérémie ou de phlog'ose rénale.
IT. — AMERS LAXATIFS
LICHEN D'ISLANDE. — Lichen islandicus L. Cetraria islandica Ach. Plante foliacée, sèche, comme cartilagineuse, formée d’expansions (thalles, thallus ou frondes) de couleur fauve, d’un brun verdâtre ou
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d’un gris roussâtre, plus pâles en dessous, divisées en ramifications,
SU à lobes bifurqués et bordés de petits cils creusés en forme de gouttière.
Habite les contrées froides, montagnes de France.