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CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LES ANESTHÉSIQUES

Les anesthésiques de la première classe exercent une action générale identique sur le système nerveux, le sang et la température. Les différences observées entre leurs effets physiologiques reconnaissent pour causes des différences dans leur composition chimique, leur poids moléculaire, la densité de leur vapeur, leur point d’ébullition et enfin leur degré de solubilité dans l’eau et dans le sang.

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Toutes choses égales d’ailleurs, l’action d’un anesthésique est d'autant plus prompte que la densité de sa vapeur est plus considérable, son point d’ébullition plus élevé, et qu'il est moins soluble dans le sang. Cette action estd’autant plus profonde et plus durable qu’il a fallu de temps pour la produire. C’est ainsi qu’une substance très volatile et peu soluble, l'hydrure d'amyle et l’amylène par exemple, provoqueront une anesthésie très rapide et de peu de durée, tandis que l’éther, moins soluble, met plus longtemps, mais lPinsensibilité se prolonge davantage.

La période d’excitation est d’autant moins prononcée, qu’on fait respirer les vapeurs à doses plus concentrées. Elle est supprimée quand on introduit lanesthésique dans l’économie par une autre voie que les poumons (injections sous-cutanées ou intra-veineuses).

Les phénomènes déterminés par les anesthésiques suivent en général l’ordre indiqué par Flourens et Longet. Quel que soit l'agent qui les produit, ces phénomènes sont

dus au même mécanisme et on peut prendre comme type les phénomènes produits par l’éther et le chloroforme: 1" Sommeil.

1° Anesthésie (suppression de la sensibilité). 3° Résolution musculaire.

4 Asphyxie syncopale. — Mort.

Ces quatre périodes ne sont pas toajours aussi distinctes et aussi régulières. Elles empiètent quelquefois les unes sur les autres. à

L’action des anesthésiques sur le système nerveux est-elle directe, ou bien ces agents influencent-ils d’abord le sang pour agir secondairement sur le système nerveux ? Plusieurs physiologistes admettent la deuxième hypothèse. Suivant un plus grand nombre, il faudrait invoquer une triple cause.

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1° Action locale sur les nerfs des voies respiratoires.

2° Action spéciale sur l’appareil nerveux en général.

3° Modification du sang caractérisée par un certain degré d’asphyxie.

Les anesthésiques de la deuxième classe déterminent l’insensibilité uniquement par asphyxie.

Dans la pratique, afin d'éviter les accidents, il faut seservir d’anesthésiques d’une pureté absolue,

Ainsi, Kœnig cite 6 cas d’asphyxie en quinze jours, produits par du chloroforme contenant da chlore libre. Les substances doivent être examinées d’une façon toute spéciale au moment où on veut en faire usage, et cela pour reconnaître les altérations qui auraient pu se produire depuis leur réception.

Quant au choix de l’anesthésique, cela dépend de la nature et de l'importance de l'opération. Si celle-ci doit durer longtemps, on s'adresse à ‘un anesthésique à longue portée (chloroforme, éther, chloral, bichlorure d’éthylène). Pour les opérations de courte durée, on choisit les agents dont les effets sont moins profonds et se dissipent rapidement (protoxyde d’azote, éther méthylique, . hydrure d’amyle ou l’amylène).

Quoi qu’il en soit, dans la pratique journalière les plus usités sont : le chloroforme, l’éther sulfurique et le chloral, mais surtout les deux premiers.

L’éther déprime moins le cœur que le chloroforme et est moins dangereux, mais on préfère le chloroforme parce que son action est plus profonde, plus stable et plus longue, et enfin on peut l’employer même la nuit à la lumière.

Le chloral en injection intra-veineuse donne une anesthésie complète sans vomissements, ni troubles, mais il est difficile de calculer la dose exacte à employer, car si elle est

trop forte, on peut amener Une paralysie du cœur difficile à combattre.

Pour les opérations de cour

te durée, on choisit de préférence le protoxyde d’azote.

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