CAILLOTS PASSIFS. — INFLAMMATION CONSÉCUTIVE
la méthode d'Anel. D'après les relevés qu'il a publiés il y a quelques années dans le journal de Philadelphie , cet accident serait survenu treize fois sur 156 cas d'anévrysmes poplités, ce qui représente une moyenne d'un peu plus de 8 % ; trois fois sur 20 anévrysmes cruraux, soit 15% (1) ; dix fois sur 97 anévrysmes inguinaux traités par la ligature de l'iliaque externe , soit environ 10% (2) ; six fois sur 33 anévrysmes traités par la ligature de la carotide primitive, soit environ 18% (3), et six fois seulement sur 56 anévrysmes traités par la ligature de la sous-clavière f c'est-à-dire à peu près 10% (U). Mais les tableaux de M. Norris ont été dressés surtout au point de vue de la mortalité, et l'auteur n'a parlé de l'inflammation consécutive que d'une manière accessoire. Aussi, les relevés qu'il a faits sur ce dernier accident sontils loin d'être complets ; par exemple , il a négligé de faire entier en ligne de compte les cas assez nombreux où les malades succombent avant l'ouverture de l'abcès anévrysmal, et il a commis plusieurs autres omissions qui l'ont conduit à donner des chiffres trop peu élevés. Ainsi dans son relevé sur les anévrysmes traités par la ligature de l'iliaque externe, il dit que la suppuration du sac s'est montrée dix fois, et que tous les malades ont guéri. Mais il faut y joindre trois autres malades, les nos 2, 40, et 88, qui d'après le tableau ont succombé à la gangrène du sac anévrysmal. De même, dans son relevé sur la ligature de la sous-clavière, M. Norris ne parle que de six malades, dont deux seulement sont morts; mais il ajoute un peu plus loin que sur deux autres malades , les n08 19 et 63, les anévrysmes ont suppuré et se sont ouverts dans la poitrine; en outre, en parcourant le tableau, on trouve que les nOR 2 , 12 , Î4j, 26 , 28 et £,6 ont été atteints d'inflammation et de gangrène du sac , et qu'ils ont tous succombé. Ces 6 cas, joints au t\ cas de guérison, et aux 2 cas n08 19 et 63, dont il vient d'être question, constituent un total de 12 cas au lieu de 6 qu'annonce M. Norris. Ces remarques critiques ne s'adressent qu'à la partie accessoire des travaux de M. Norris; je
(1) Norris. Statistics of the Ligature of the Fémoral Artery , dans American Journal of Med. Sciences, 1849, vol. XVIII, p. 829; voy. plus haut, p. 487, en note, pour la légire modification que j'ai dû faire subir aux chiffres de M. Norris.
(2) On Tying the Iliac Arteries, dans Am. Journal, 1847, vol. XIII , p. 20.
(3) On Tying the Carotid Arteries, dans Am. Journ., 1847, vol. XIV, p. 24.
(4) On Tying the Subclavian Artery, dans Americ. Journ., 1845, vol. X, p, 18.
me plais du reste à rendre hommage à l'exactitude scrupuleuse de ce savant laborieux qui a lu et bien lu toutes les observations originales, et qui, dans ses immenses tableaux, n'a pas môme commis une seule faute de citation.
Il est arrivé plusieurs fois qu'on a traité par la ligature des anévrysmes déjà atteints d'inflammation ou de gangrène. J'en ai cité plusieurs exemples (1). La rupture ultérieure du sac est presque inévitable alors, mais la ligature n'est évidemment pas responsable de la production d'un accident qui serait survenu sans elle. J'ai eu soin de ne pas faire figurer ces faits dans mon relevé.
L'époque où débute l'inflammation du sac consécutive à la ligature est très-variable. Ce n'est guère avant la fin du premier septénaire, à moins que Fanévrysme ne soit traumatique et d'origine récente. M. Montanini lia la sous-clavière d'un jeune homme qui avait eu l'une des artères de l'aisselle ouverte par un coup de pointe ; la plaie s'était réunie par première intention, et au bout de peu de jours un anévrysme s'était formé. La ligature fut pratiquée le 16e jour; la tumeur cessa aussitôt de battre, mais elle s'enflamma et se rompit six jours plus tard. On retira de cette ouverture 5 onces de sang coagulé, le foyer suppura, et le malade guérit sans autre accident (2).
Dans les anévrysmes spontanés et dans les anévrysmes traumatiques plus anciens, l'inflammation consécutive ne débute guère avant la fin du premier septénaire. L'analyse des observations que j'ai rassemblées m'a conduit à un résultat assez curieux. L'époque du début de rinflammation n'est indiquée que pour cinquante-huit malades, savoir :
Report . . .
Du 6e £
u 10e jour. . . .
. 10 cas.
Du 30e au 35e jour. . . .
4 cas
Du 10e
au 15e jour. .
Du 35e au G0e jour. . . .
Du 15e
au 20e jour. .
Entre le 8e mois et le 12e mois.
Du 20e
au 25e jour. .
Au bout d'un an
Du 25e
au 30e jour. .
Au bout de 1 i mois. . . .
Ainsi, les chances de l'inflammation consécutive, à peu près
(1) Voy. plus haut, p. 169 et p. 170 (en note), deux cas d'A. Cooper, un de Post, un tie Tu. Blizabd. — Voy. encore, p. £i07 et G08 , les deux cas où MM. Veîpeau et Malgaigne traitèrent parla ligature des anévrysmes enflammés à la suite d'une injection de perchlorure.
(2) Effemericli (H clinica meittco-clnrurgica. iNapoli , luglio 1836, T. H, p. 29.