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HÉMORRHAGIES PAU LE SAC. — TRAITEMENT

seau au milîèu^ de parties épaissies, adhérentes et friables, dont l'inflammation et la suppuration ont changé la structure et les rapports ? Si l'anévrysme est superficiel, peu volumineux, si l'artère n'est pas considérable, si les tissus ne sont pas trop profondément altérés, on peut réussir à atteindre et à lier les deux bouts du vaisseau, et quoique le ramollissement de la tunique externe soit de nature à faire craindre le retour de l'hémorrhagie, il n'est pas impossible que cette tentative soit couronnée de succès. C'est ce que prouve l'observation suivante : Anévrysme traumatique de la radiale au milieu de l' avant-bras. La plaie se cicatrise, et quelques semaines après, le 28 juillet 1825, le malade entre à l'hôpital avec une tumeur grosse comme une noix. Le 8 août, M. Liston lie l'artère numérale ; l'anévrysme cesse de battre, mais le sac s'enflamme et suppure. Le dix-huitième jour après la ligature la tumeur s'ouvre, laissant échapper du pus mêlé de débris de caillots. Le lendemain cette ouverture livre passage à une hémorrhagie considérable, Liston, sans hésiter, fait un large débridement et lie l'artère radiale au-dessus et au-dessous du sac comme dans la méthode ancienne. L'hémorrhagie ne reparaît pas; guérison (1).

La méthode ancienne peut donc réussir quelquefois à réprimer les hémorrhagies qui se font à travers le sac, mais elle n'est guère applicable aux anévrysmes volumineux, et profonds qui fournissent précisément les hémorrhagies consécutives les plus terribles. M. Brown, de Grenada, y eut recours une fois dans un cas d'anévrysme poplité. Le malade, traité par la ligature de la fémorale, alla bien d'abord pendant environ dix semaines; puis la tumeur se rompit et donna lieu à une hémorrhagie abondante. M. Brown fit dans le jarret une longue incision , chercha les deux bouts de l'artère et les lia. Le sang ne reparut plus, mais le malade mourut trente heures après la dernière opération. Ce fait n'est guère encourageant (2).

Bien n'est difficile à réprimer comme ces hémorrhagies survenant au fond d'une plaie anfractueuse , entourée de tissus" enflammés, chez un individu déjà ébranlé par une grave opération. 11 semble qu'un large débridement, suivi d'un tamponnement

(1) Edinburgli Med. and Surg. Journal , 1827, vol. XXVII , p. h.

(2) Crisp. On Diseases of llie Blood-Vcssels. London, 18ù7, in-8°, p. 12ft.

méthodique, devrait pouvoir réussir; mais le tamponnement n'est efficace qu'à la condition d'être soutenu par un bandage fortement serré et qui ne craindrait d'exercer une pareille striction sur un membre dont la vie est déjà compromise par une ligature récente? Le tamponnement a cependant guéri le malade de M. Seutin ; mais les circonstances étaient des plus favorables : il y avait longtemps déjà que la ligature de la fémorale avait été exécutée ; la plaie était entièrement cicatrisée, et l'opéré avait recommencé à marcher. Ce fut alors seulement que la tumeur du jarret s'enflamma et suppura. 11 fallut l'ouvrir pour donner issue au mélange de pus et de sang grumeleux qu'elle renfermait. Le malade allait très-bien lorsque, le septième jour, l'ouverture livra tout à coup passage à une grave hémorrhagie. M. Seutin fit une grande incision pour aller à la recherche des deux bouts de l'artère. Il se proposait de les lier, mais il les trouva tellement friables qu'il les jugea incapables de supporter la ligature. Il se contenta clone d'exercer sur le fond de la plaie une compression immédiate au moyen d'un tamponnement méthodique ; l'hémorrhagie ne revint pas et le malade guérit (1). Le bandage, dans ce cas, ne produisit pas la gangrène, mais le malade était depuis quelque temps déjà complètement guéri de sa ligature; les voies collatérales étaient largement dilatées, et la circulation était parfaitement rétablie. On verra tout à l'heure que, dans un cas analogue, un mois seulement après la ligature, le tamponnement a été suivi de gangrène (2). D'ailleurs, il est souvent très-difficile, quelquefois impossible, d'appliquer un tamponnement efficace. Au pli de l'aine un spica fortement serré pourrait à la rigueur réussir; mais quand l'anévrysme occupe la partie moyenne de l'axillaire, comme sur le malade de Bransby Gooper (3), la compression immédiate est presque impraticable. Elle le serait tout à fait si l'hémorrhagie consécutive était fournie par le sac d'un anévrysme carotidien. A défaut de compression méthodique, M. Porter, dans un cas de ce genre, se décida à refermer l'ouverture du sac au

(1) Presse médicale belge, et The Lancet , 1851 , vol. II , p. 320.

(2) Voy. plus loin , obs. If», p. 5U0.

(3) Cas de Br. Cooper ( anév. axillaire ; ligature de la sous-clavière le U décembre 1827 ; inflammation et suppuration consécutives de la tumeur; hémorrhagies par le sac, reproduites à plusieurs reprises et suivies de mort le 8 février 1828 ). The Lancet , 1827-1828, vol. I , p. W8 et p. 718.

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