‹ Des aneurysmes et de leur traitement [electronic resource]Chapitre 189 sur 243 · APPRÉCIATION DES PROCÉDÉS · texte numérisé non relu

APPRÉCIATION DES PROCÉDÉS

compressive. Le jour où tous les praticiens connaîtront la précieuse ressource de la compression intermittente , la presque totalité des anévrysmes des membres pourra être guérie sans le secours de l'instrument tranchant. Ce n'est point là une vaine espérance, c'est une conviction qui repose sur l'analyse d'un grand nombre de faits. Les chiffres que je vais citer suffiront, je pense, pour convaincre les plus incrédules. Il est arrivé 22 fois que la compression continue n'a pu être supportée, et que les chirurgiens ont eu recours à la compression intermittente. Sur ce nombre il y a eu 19 guérisons (nos 34, 39, 49, 55, 60, 67, 71, 81, 83, 85, 86, 104, 110, 115, 130, 137, 139, 142 et 147). Dans les 3 autres cas, la ligature a été pratiqué (nos 122, 131 et 144). L'un de ces trois malades est mort (n° 122), mais c'était un de ces cas où tous les traitements échouent : l'anévrysme, en effet, communiquait avec l'articulation du genou; il y avait un deuxième anévrysme dans l'autre jarret; enfin un troisième anévrysme occupait l'aorte thoracique. En laissant de côté ce dernier fait, on trouve donc que la compression intermittente a réussi 19 fois sur 21, dans des circonstances précisément où Ton est très-disposé à croire , à cause de la grande irritabilité des malades , que la méthode compressive est inapplicable.

J'ai longuement insisté sur la valeur relative des différents modes de compression indirecte; cela m'a paru indispensable pour éviter à l'avenir les tâtonnements et les fausses manœuvres qui ont si souvent compromis les résultats de cette précieuse méthode.

En résumé, la physiologie pathologique et les faits cliniques m'autorisent à émettre les propositions suivantes :

1° La compression totale a fourni quelques résultats brillants ; mais elle expose à des accidents, à des dangers, à des récidives. Elle est le plus souvent intolérable. C'est à elle que s'appliquent la plupart des arguments qui ont été dirigés contre la méthode compressive; elle constitue, sans contredit, le plus mauvais procédé de compression.

2° La compression graduelle est déjà moins défectueuse; mais lorsque le traitement se prolonge au delà de quelques jours, ce qu'on ne peut jamais prévoir, elle présente tous les inconvénients de la compression totale.

3° La compression partielle échappe à la plupart des objections. Bien qu'elle puisse quelquefois procurer des guérisons trèspromptes, on peut lui reprocher d'agir, en général, avec trop de lenteur, et d'épuiser souvent la patience des malades.

h° La compression en deux temps constitue le meilleur procédé. Aussi certaine et aussi inotrensive que la compression partielle, elle a en outre l'avantage d'abréger beaucoup la durée du traitement

5° La compression doit être continue autant que possible ; mais, quelque ménagée qu'elle soit, elle serait souvent intolérable sans la précieuse ressource qu'offre la compression double et alternative pratiquée suivant le procédé de Belmas.

6° Il y a des sujets tellement irritables, que le procédé de Belmas ne peut réussir à les soulager. Plutôt que de renoncer à la compression, il faut alors avoir recours à la compression intermittente qui a fourni jusqu'ici de magnifiques résultats.

7° Lorsqu'un accident quelconque oblige à suspendre la compression, il ne faut pas pour cela renoncer à la méthode compressée. La compression interrompue a donné un grand nombre de succès.

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