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PELOTES

Décrivons maintenant les instruments plus compliqués qui ont pour but d'exercer la compression d'une manière plus précise.

La partie fondamentale de tous les appareils, c'est la pelote de pression, ou plus simplement la pelote. Elle doit refouler les chairs et éviter autant que possible les veines et les nerfs satellites de l'artère; il faut donc qu'elle soit petite, convexe et dure.

Le volume de la pelote varie suivant les régions, suivant la profondeur, suivant le calibre et suivant le degré de mobilité de l'artère. Une pelote large d'un centimètre suffit pour la radiale audessus du poignet. Il est difficile de comprimer la fémorale sur le pubis avec une pelote large de moins de 3 centimètres; il est bien entendu que je parle de la largeur maximum, c'est-à-dire du diamètre de la base de la pelote. Au sommet du triangle inguinal, cette largeur ne suffit plus, et la pelote doit avoir 1 à 2 centimètres de plus. Du reste, il y a, sous ce rapport, des différences individuelles assez marquées , et je pense qu'il est bon de se servir de pelotes ovalaires ; les pelotes fémorales , par exemple , devront avoir 3 centimètres sur 5. On essayera d'abord de placer la pelote parallèlement à l'axe du vaisseau, et si cela ne suffit pas, on la mettra en travers.

La forme des pelotes doit être convexe , ainsi que je l'ai dit. Quelques personnes ont donné la préférence aux pelotes plates, qui ont effectivement l'avantage de mieux fixer l'artère en l'empêchant de fuir, mais qui ont l'inconvénient de comprimer les nerfs et les veines , et surtout de meurtrir les chairs. Je rejette donc les pelotes plates; mais je crois qu'il est bon, lorsqu'on veut comprimer une grosse artère , de se servir d'une pelote convexe à sommet légèrement aplati , ce qui est bien différent. La surface plane , ainsi réservée au centre de la convexité de la pelote , doit être ovalaire comme la pelote elle-même, et offrir, dans son petit diamètre, une largeur à peine supérieure à celle de l'artère; pour la fémorale, par exemple, cette largeur doit être d'environ ^millimètres. Quant aux pelotes coniques, dont quelques personnes ont cru devoir se servir, je les rejette complètement. Elles sont infidèles dans leur action sur l'artère, et nuisibles dans leur action sur la peau.

La consistance des pelotes a donné lieu aussi à quelques contestations. Les uns, désirant avant tout sauvegarder la peau , ont

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choisi des pelotes peu consistantes ou même des pelotes à air; les autres , craignant surtout de ne pas maîtriser suffisamment l'artère , ont fait faire des pelotes dures avec un morceau de bois ou de métal recouvert de cuir. Je donne la préférence aux pelotes de consistance moyenne, telles que les pelotes massives de caoutchouc vulcanisé. Cette substance, ferme et élastique, n'a ni la complaisance du crin ou de l'étoupe, ni la rigidité du bois ou du métal.

La contre-pression peut être obtenue de plusieurs manières. Le moyen le plus ancien et le plus mauvais consiste à fixer la pelote avec des tours de bande. La contre-pression se répartit ainsi sur toute la circonférence du membre. Il en résulte une foule d'inconvénients. Je n'en indiquerai qu'un, qui est radical : c'est l'obstacle opposé par cette pression circulaire à la circulation collatérale.

Il faut donc que la contre-pression s'exerce sur une Ipartie limitée de la circonférence du membre , à l'opposite de la pelote. On peut prendre ce point d'appui sur une contre-pelote , sur une attelle , ou enfin sur une gouttière.

Les attelles à contre- pression sont très -incommodes, trèssujettes au déplacement : elles sont généralement abandonnées. Je les mentionne, toutefois, à cause de leur importance historique. Le mémorable succès de Brùckner fut dû à un appareil qui prenait son point d'appui sur une attelle étendue du grand trochanter au condyle externe du fémur (1).

Les contre-pelotes se retrouvent dans la plupart des compresseurs. Elles doivent être concaves , pour se mouler sur la convexité des chairs , et il est de rigueur qu'elles soient beaucoup plus larges que les pelotes, afin de donner de la fixité à l'appareil. Une lame concave de bois ou de métal, recouverte d'une couche de crin et de peau piquée, remplit parfaitement l'indication.

Le tourniquet d'Eschards (2) , le compresseur de Dupuytren, le collier de chien de Viricel (3) , le clamp de Robert Hoey {fx) , le tourniquet de l'Estrange (5) , sont autant d'appareils à contre-pelote, ainsi que le ring-tourniquet et le compresseur de Signorini, qui seront représentés tout à l'heure (6).

(1) Voy. plus haut, p. G66.

(2) Ibicl., p. 682. - (3) Ibid., p. 698.- (U) Ibid., p. 732, fig. 25. - (5) Ibid.y p. 732, fig. 2'4. (6) Voy. p. 820, fig. 29 , et p. 821 , fig. 31.

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