‹ Des aneurysmes et de leur traitement [electronic resource]Chapitre 223 sur 243 · ANÊVRYSMES DE LA TÊTE · texte numérisé non relu

ANÊVRYSMES DE LA TÊTE

carotides. Si ces tentatives échouaient, il faudrait en venir à la méthode d'Anel, et je pense qu'alors on devrait donner la préférence à la ligature de la carotide interne.

Les anévrysmes des artères frontales, branches de l'ophthalmique, réclament le même traitement que ceux des autres artères de la voûte du crâne ; j'y reviendrai tout à l'heure.

Les anévrysmes des branches de la carotide externe peuvent être divisés en deux catégories : ceux qui occupent la face et la partie supérieure du cou, et ceux qui sont situés sur le trajet de l'une des artères du cuir chevelu. Parlons d'abord des premiers. Lorsqu'ils sont peu volumineux, on peut, sans inconvénient, les traiter par les injections coagulantes ou par la galvano-puncture; mais pour peu qu'ils aient un certain volume on ne doit compter que sur la méthode d'Anel. Sur quelle artère faut-il alors appliquer la ligature ? La fréquence et la gravité des accidents cérébraux consécutifs à l'oblitération de la carotide primitive doivent faire préférer la ligature de la carotide externe (p. 506). Je pense même que si l'anévrysme occupait la faciale ou la linguale, à quelque distance de leur origine, on devrait se contenter de lier ces artères en deçà de la tumeur.

Passons aux anévrysmes de la voûte du crâne. Exception faite de ceux qui appartiennent aux artères frontales, tous ces anévrysmes sont sous la dépendance de l'artère carotide externe. Ils sont en général peu volumineux et situés sur le trajet d'un vaisseau d'assez petit calibre; en outre, ils sont à la fois très-superficiels et tres-rapprochés d'une surface osseuse résistante sur laquelle il est aisé de les comprimer. Ces conditions sont trèsfavorables, et il en résulte que beaucoup de méthodes peuvent être appliquées sans inconvénients sérieux. La méthode ancienne elle-même, c'est-à-dire l'incision suivie d'une double ligature, ou plus simplement d'un tamponnement au perchlorure de fer, donnerait selon toutes probabilités des succès à peu près constants (1). La méthode d'Anel, la galvano-puncture, les injections, coagulantes, la suture entortillée, ont tour à tour réussi, et j'ai lieu de croire que la méthode endermique réussirait également. On n'a pour ainsi dire ici que l'embarras du choix. Il est bien

(1) M. Frestel a extirpé avec succès un anévrysme de la temporale, dont le diagnostic était douteux {Iiev.mèd.'Clnrurij.., 1850, T. VU, p. I08).

entendu que la méthode d'Anel s'appliquerait sur le tronc de l'artère malade, à une petite distance de l'anévrysme. Les battements du vaisseau, toujours faciles à sentir à travers les téguments, guideraient le chirurgien. Il ne serait même pas nécessaire de procéder à une ligature méthodique. Il suffirait de couper d'un seul coup la petite artère en travers comme si on pratiquait l'opération de l'artériotomie; un bandage compressif, ou plus simplement un petit tampon de charpie imbibé de perchlorure de fer empêcherait toute hémorrhagie. On pourrait encore, sans diviser la peau, soulever l'artère sur une épingle et l'oblitérer au moyen de la suture entortillée. En tout cas, la méthode d'Anel devrait être appliquée très-près de l'anévrysme, parce que sans cela les très-larges et très-nombreuses anastomoses artérielles du cuir chevelu pourraient empêcher l'oblitération de la tumeur.

Toutes ces méthodes me paraissent également inoffensives. Dans un cas de ce genre, je commencerais par une application de perchlorure de fer, faite suivant la méthode enclermique; si cela ne réussissait pas, j'injecterais le perchlorure dans le sac. D'autres préféreront la galvano-puncture ou la méthode d'Anel. Ces diverses méthodes ont des avantages et des inconvénients qui se balancent, et le choix est à peu près indifférent.

J'arrive aux anévrysmes des artères des membres thoraciques.

Les anévrysmes de la sous-clavière ne se prêtent pas à l'application de la méthode d'Anel. Il faudrait lier, soit le tronc brachiocéphalique, soit l'artère sous-clavière en dedans des scalènes, opérations que la présence de la tumeur rend souvent impraticables , et qui , lorsqu'on parvient à les exécuter, sont constamment suivies de mort. Il est donc sage de rejeter tout à fait la méthode d'Anel. La méthode de Brasdor a été appliquée deux fois. Dupuytren a lié l'axillaire au-dessous de la clavicule, et M. Pétrequin la sous-clavière en dehors des scalènes. Les deux malades ont succombé (p. 6/^8). Gela suffit-il pour faire proscrire la méthode de Brasdor? Je ne le pense pas. La ligature de l'axillaire, celle de la sous-clavière en dehors des scalènes, ne sont pas mortelles par elles-mêmes , comme le sont la ligature du tronc brachio-céphalique et celle de la sous-clavière à son origine. L'expérience a prouvé, au contraire, qu'elles réussissent très-

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