‹ Des aneurysmes et de leur traitement [electronic resource]Chapitre 58 sur 243 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

TRAITEMENT DES ANÉTRYSMES.

Les auteurs qui ont écrit jusqu'ici sur le traitement des anévrysmes ont fait mention d'un grand nombre de méthodes , mais ils n'ont accordé à la plupart d'entre elles qu'une attention passagère, et leurs recherches ont porté presque exclusivement sur les méthodes sanglantes, telles que la ligature et l'ouverture du sac. Quant aux autres méthodes, les auteurs classiques n'en parlent qu'avec une sorte de dédain, sans s'inquiéter de savoir d'où elles viennent, et sans même chercher à réunir un nombre de faits suffisants pour en juger la valeur. J'aurai donc à combler plus d'une lacune historique, et j'aurai à me demander si certains traitements, que l'empirisme a trouvés, et que l'empirisme a abandonnés ensuite, méritent bien l'oubli presque complet où on les laisse aujourd'hui. J'aurai à décrire en outre plusieurs méthodes très-modernes, telles que la galvano-puncture et les injections coagulantes, méthodes qui n'ont pas encore trouvé

198 TRAITEMENT DES ANÉVRYSMES.

place dans les livres classiques, ou qui, à peine indiquées en passant, n'ont pas encore été l'objet d'une description didactique. Enfin, et surtout, j'entrerai dans de longs développements sur la compression indirecte, dont l'histoire, à peine ébauchée par mes devanciers, n'a jamais été écrite d'une manière complète.

Les méthodes que je vais décrire sont très-nombreuses. Sans m'inquiéter de l'ordre chronologique, je les grouperai suivant un ordre plus naturel et plus scientifique, en tenant compte de leur mode d'action.

Je les diviserai d'abord en deux grandes classes : 1° les méthodes directes, qui s'adressent directement à la partie malade; 2° les méthodes indirectes, qui n'agissent que secondairement sur l'anévrysme, par l'intermédiaire de la circulation.

Les méthodes indirectes sont au nombre de cinq : 1° la méthode de Valsalva; 2° la méthode d'Anel; 3° la méthode de Brasdor ; h° la double ligature ; 5° la compression indirecte.

Les méthodes directes sont beaucoup plus nombreuses, et on peut les subdiviser en deux groupes fort naturels :

1° Tantôt, en effet, le chirurgien cherche à détruire ou à supprimer la tumeur au moyen de l'une des opérations violentes de la chirurgie commune. L'incision ou Youverture du sac, \ extirpation, la cautérisation, telles sont les méthodes qui rentrent dans ce premier groupe.

2° Tantôt, au contraire, le chirurgien, mettant à profit les connaissances acquises sur la nature de la lésion et sur les propriétés réelles ou supposées des parties qui constituent l'anévrysme, cherche simplement à modifier la tumeur, à la convertir en une tumeur in offensive ; il a recours pour cela à des moyens spéciaux et très- variés, qui, pour la plupart, ont pour but de faire solidifier le contenu de l'anévrysme. Les méthodes qui rentrent dans ce deuxième groupe sont les stijptiques, les moxas, la méthode endermique, Yacupuncture, la suture entortillée, la malaxation, Y application de la chaleur, celle du froid, celle de l 'électricité, la compression directe et les injectmis coagulantes.

Il reste enfin une dernière méthode, ou plutôt mie dernière ressource, applicable seulement à certains anévrysmes devenus incurables à cause des graves désordres qu'ils ont produits. Je

Page 1