‹ Des anéurysmes et de leur traitementChapitre 167 sur 220 · POINTS D'ÉLECTION · texte numérisé non relu

POINTS D'ÉLECTION

gent compresseur. Chez les sujets bien musclés , 1p bord externe du couturier gêne beaucoup l'action de la pelote. Somme toute, l'expérience prouve que , chez la plupart des malades , la compression au lieu d'élection supérieur est mieux supportée et plus efficace que l'autre.

Les points d'élection du membre thoracique sont beaucoup moins précis et beaucoup moins favorables. Chez les sujets maigres, la partie moyenne du bras doit recevoir la préférence. Là , l'artère repose sur la face interne de l'humérus ou sur l'insertion du coraco-brachial; elle n'est séparée de la peau que par une aponévrose ; ses veines satellites n'ont aucune importance; il n'y a d'autre obstacle que la proximité du nerf médian : c'est un inconvénient, sans doute; mais le même inconvénient existe dans les autres points. Ici, du moins, on a l'avantage de ménager les autres troncs nerveux. Mais , chez les sujets qui ont les muscles très-développés, le bord interne du biceps empiète sur l'artère et rend la compression beaucoup plus difficile. On est alors obligé de comprimer plus haut ou plus bas ; plus bas, l'artère est séparée de l'humérus par le brachial antérieur; plus haut, on la comprime aisément; mais le voisinage du nerf cubital constitue un autre embarras. En résumé, il n'y a pas , sur l'artère huméraie , de point d'élection comparable à ceux du membre inférieur; mais il y a du moins cet avantage, qu'on peut atteindre l'artère dans toute sa longueur, et remédier à la douleur en déplaçant la compression aussi souvent qu'on le désire.

Pour le cas particulier, mais exceptionnel des anévrysmes du poignet ou de la main , on a la ressource de comprimer l'extrémité inférieure de la radiale ou de la cubitale , ce qui est toujours facile, surtout pour le premier de ces vaisseaux. C'est ainsi qu'avec un simple ressort supportant une petite pelote et appliqué sur la radiale, au-dessus du poignet, M. Syme guérit en vingt-quatre heures un anévrysme situé à la racine du pouce (n° 143).

Il est préférable d'appliquer les pelotes sur les points d'élection; mais cela n'est pas toujours possible; alors on comprime où l'on peut et comme on peut. La compression a ainsi été appliquée sur l'extrémité inférieure de l'iliaque externe , sur tous les points de la fémorale, sur tous les points de l'humérale, sur

l'axillaire et même sur la sous-clavière. Les points d'élection sont à peu près les seuls où il soit raisonnablement possible de maintenir la compression totale; mais on peut, partout ailleurs, exécuter la compression partielle, surtout lorsque la compression est intermittente, ou encore, ce qui revient au même , lorsqu'elle s'exerce alternativement sur plusieurs points de la même artère , à l'aide de plusieurs pelotes superposées.

Ceci me conduit à parler du procédé de Belmas. Ce procédé, comme on sait, a pour but d'agir sur l'anévrysme d'une manière continue, à l'aide de plusieurs appareils compressas alternativement serrés et relâchés. Il n'est applicable que lorsque l'anévrysme est situé assez loin de la racine du membre. Il a été imaginé pour le traitement des anévrysmes poplités , et c'est là aussi qu'il présente le plus d'avantages.

Cuillier Latouche, exposant les idées de M. Belmas, proposa d'appliquer quatre tourniquets le long de la fémorale, tout en annonçant que deux tourniquets pourraient à la rigueur suffire. Cette compression quadruple et alternative semble n'avoir jamais été employée. Dans l'observation abrégée qu'il emprunte à la clinique de M. Gama , Guillier Latouche parle il est vrai de quatre tourniquets; mais j'ai cité plus haut, d'après le manuscrit de M. Gama, cette observation si importante au point de vue historique, et on a pu voir qu'en réalité M. Belmas appliqua seulement trois tourniquets (1).

Depuis lors, la compression triple et alternative a été mise en usage deux fois. M. Rodgers (de New-York) y eut recours en 18^7 ; les trois pelotes étaient supportées parle même appareil (n° 133). Dans le cas de M. Allan (n"5), on se servit de trois tourniquets séparés. Bien que les deux malades aient été guéris, je ne conseille pas d'employer la compression triple. Comme la compression quadruple, elle a l'inconvénient d'exiger une complication instrumentale trop grande. En outre , il y a au moins une pelote qui ne porte pas sur les poinls d'élection, et dont l'action, par conséquent, laisse quelque chose à désirer.

La compression double et alternative constitue le meilleur procédé ; aussi a-t-elle reçu aujourd'hui l'assentiment général.

; (1) Voy. plus haut, p. 720, obs. HO.

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