‹ Des anéurysmes et de leur traitementChapitre 4 sur 220 · IV PRÉFACE · texte numérisé non relu

IV PRÉFACE

S'il m'était permis de parler des principes qui m'ont guidé dans la composition de cet ouvrage, je dirais que je me suis efforcé de marcher dans la voie trop peu fréquentée que les travaux de M. Malgaigne ont récemment élargie. J'ai tenté de faire pour les anévrysmes ce que ce maître éminent a fait avec tant de succès pour les fractures et les luxations. Comme lui , j'ai voulu soumettre à une critique indépendante les opinions et les doctrines reçues, sachant bien que la véritable science est à peine à son aurore, et que les assertions les plus incontestées sont souvent les plus contestables ; comme lui, j'ai tenu à mettre les descriptions classiques en présence des observations positives, faisant appel à l'expérience des chirurgiens de tous les pays, profitant des faits anciens comme des faits modernes, les contrôlant les uns par les autres, n'en dédaignant aucun, et cherchant avant tout la réalité, dût l'autorité en souffrir; comme lui, enfin, je me suis fait un devoir de remonter à l'origine de nos connaissances, de suivre les idées et les découvertes depuis leur naissance jusqu'à leur complet développement, et de consacrer les droits, souvent méconnus, des véritables inventeurs. Cette alliance de la critique et de l'observation, de la clinique et de l'histoire, est appelée à régénérer peu à peu la chirurgie, en l'arrachant à la fois à la tradition et à l'empirisme, à l'esprit de routine et à l'esprit de système, à l'érudition stérile de ceux qui ne regardent que dans le passé, et à l'ignorance commode de ceux qui ne s'occupent que du présent. J'ai voulu prendre part à l'œuvre de rénovation, et j'ai tenté de labourer un petit coin du vaste champ do la chirurgie; cette tâche élaitsans doute au-dessus de mes forces, mais j'ai du moins l'espérance que ce livre, dont je ne me dissimule pas les imperfections, pourra fournir d'utiles i enseignements à ceux qui écriront après moi.

Paris, 30 mars 1856.

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