APPAREILS DE COMPRESSION
Tout j'écemment, la compression digitale a été employée, dans le service de M. Nélalon , sur deux malades dont j'ai déjà raconté l'histoire. Dans le premier cas, il s'agissait d'un anévrysme artérioveineux du pli du coude, traité depuis quelque temps déjà et sans résultai bien notable, parla compression directe. M. Nélaton voulut y joindre la compression au-dessus de là tumeur; mais le malade ne put supporter les tourniquets. Ce fut alors qu'on eut recours à la compression digitale, qui fut appliquée pendant quarante-quatre heures consécutives par les élèves de l'hôpital , et qui eut pour résultat de modifier avantageusement l'anévrysme (1). Dans le deuxième cas, la fémorale fut comprimée avec les doigts pendant quatre-vingt-quatorze heures chez un homme atteint d'anévrysme poplité. La rétraction du genou ne permettait pas d'étendre le membre, et l'appareil mécanique n'avait pas une fixité suffisante. Les résultats de cette compression digitale ont été exposés plus haut, et je n'y reviendrai pas (2).
Mais en voilà bien assez sur la compression digitale, qu'on ne peut songer à ériger en procédé ordinaire et qu'on devra réserver pour des cas tout à fait exceptionnels. Absti^action faite des difficultés extrinsèques de son apphcation, elle constitue cependant l'idéal de la compression. Le meilleiu' procédé serait donc celui qui s'en rapprocherait le plus , qui remplacerait le doigt compressem- par un appareil à la fois ferme et élastique , fixe et pourtant amovible à volonté , précis et néanmoins mobile dans tous les sens, et qui, comme la compression digitale, concentrerait exclusivement son action sur le point où l'artère doit être I comprimée.
Aucune machine ne peut remplacer complètement l'action intelligente du doigt; néanmoins, on peut remplir toutes les indicaitions au moyen de divers mécanismes qu'il n'est pas impossible ide réunir sur le même appareil.
Toute pression suppose un point d'appui, c'est-à-dire une contre-pression. Les appareils compressifs se composent donc en ^général de trois parties : 1° la pelote, destinée à exercer la pres- ■sion; 2° le point d'appui, destiné à la contre-pression; 3° l'armature, destinée à unir la pelote et le point d'appui.
(1) Vuy. plus haut, p. 293 , obs. 7.
(2) yoy, plus haut, p. 766, obs. 1(5,
Ces trois parties existent dans la plupart des appareils. Il y a toutefois un appareil plus simple, et qui diffère assez de tous les autres pour mériter d'être étudié à part : je veux parler du poids compresseur.
La compression exercée avec des poids a été imaginée, en 1844, par M. Bellingliam (1), et il est bon de la connaître parce qu'elle offre, dans certain cas , une ressource précieuse. Elle se fait au moyen d'un instrument fort simple qu'on peut toujours et partout improviser. Les poids compresseurs se composent d'une pelote surmontée d'un corps lourd quelconque. Les plus simples sont des masses de plomb en forme de tronc de cône, et pesant 2 à 3 kilogrammes. Leur sommet tronqué, destiné à reposer
Deux modèles de poids compresseurs- encore la forme d'uu côue trouqué et dans laquelle on introduit une quantité variable de plomb de chasse. On a ainsi l'avantage de pouvoir, avec la plus grande facilité , accroître ou diminuer la pression.
Le poids compresseur ne peut s'appliquer que dans le pli de L'aine, ou un peu au-dessous. Le malade, couché sur le dos, reste immobile dans son lit; il tient le poids en équilibre avec ses propres mains , ou mieux encore on suspend l'appareil au moyen d'une corde qu'on attache à un cerceau de fer placé sous les couvertures.
Le poids compresseur est un instrument peu précis , qui se dérange sans cesse, et dont l'action , subordonnée à l'attention du malade, ne peut guère être continuée pendant le sommeil. Mais il a l'avantage d'être très-facile à construire , il ne coûte presque rien , et permet de commencer la compression en attendant un meilleur appareil.
(1) Voy. plus haut , p, 737, obs. ^lî.
Fi g. 26.
sur l'artère, se termine par une pelote ordinaire {fig. 26, A). D'autres se composent de plusieurs pièces superposées qu'on peut disjoindre à volonté , selon qu'on veut augmenter ou diminuer la pression. J'ai eu recours deux fois au sac à plomb. — C'est une gaîne de trèsgros cuir ou de gutta-percha , qui a