‹ Des anévrysmes et de leur traitementChapitre 151 sur 184 · GOUTTIÈRES · texte numérisé non relu

GOUTTIÈRES

Les appareils h contrc-pelole sont légers, faciles ù manier; on peut, à volonté, les appliquer sur le membre k diverses hauteurs; ils tiennent peu de place, et il est aisé d'en disposer plusieurs sur le trajet du môme vaisseau , suivant le procédé de Belmas. Mais ces avantages sont contre-balancés par le peu de fixité du point d'appui. Le moindre mouvement du malade peut faire glisser l'instrument et interrompre la compression sans même qu'on s'en aperçoive. Ces appareils, lorsqu'ils viennent à se déranger, ne peuvent être replacés que par une main intelligente. Enfin, et c'est là lem^ principal inconvénient , ils ne tiennent en place que par l'action opposée de la pelote et de la contre-pelote; de sorte que, lorsqu'on les relâche dans les manœuvres alternatives du procédé de Belmas, ils deviennent mobiles en tous sens, tournent autour du membre, et abandonnent le vaisseau.

Les gouttières à contre-pression sont bien préférables. A proprement parler, les gouttières ne sont que d'immenses contrepelotes enibrassant le quart ou le tiers de la circonférence du membre , et ayant une longueur suffisante pour s'appliquer sur les chairs dans une grande étendue, et pour fournir un point d'appui solide.

Le compresseur inguinal de Crampton est un appareil à gouttière (1) , ainsi que le compresseur circulaire de Carte , pour la cuisse (2). Certains tourniquets, destinés à comprimer la fémorale sur le pubis, prennent leur point d'appui sur des gouttières spéciales qui passent sous les fesses et se fixent autour de la hanche avec une ceinture bouclée. Ces gouttières pelviennes prennent le nom de selles; nous les retrouvons dans l'appareil inguinal de Carte {voy. plus loin, fig. 32) et dans la selle pelvienne de Read (voy. fig. 30). Rien ne varie, du reste, comme les dimensions des gouttières à contre-pression. Il y en a qui, par leur peu de longueur, tiennent le milieu entre les gouttières et les contre-pelotes proprement dites. C'est ce qui a lieu dans l'appareil de Bigg {fig. 27). Loin d'approuver cette réduction dans la longueur des gouttières, je pense, au contraire, qu'il est préférable d'employer des gouttières beaucoup plus grandes que celles dont on s'est servi jusqu'ici; par exemple, pour comprimer l'ar-

(!) Voy. plus haut, p. 729, fig. 23.- (2) Ibid., p. 820, fig. 3i|^'

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lôre fémorale, j'ai fait construire une goullière remontanl jusqu'à la partie supérieure de la fesse , et descendant jusqu'à quatre travers de doigt au-dessus du genou (1). Une gouttière aussi

étendue est très-facile à fixer à l'aide d'une ceinture pelvienne et d'une courroie fémorale. On obtient ainsi un point d'appui invariable, et l'appareil ne peut pas se déranger. Il gêne les mouvements du membre; mais c'est là un avantage et non un inconvénient, le repos absolu de la région malade étant une circonstance favorable pour la guérison de l'anévrysme.

Si l'on juge utile d'employer le procédé de Belmas , rien n'empêche de fixer les deux pelotes sur la même gouttière. Il est même aisé, comme Compresseur de jiigg. |g ^g^,^.^ ^^^^ ^ l'heure, de prati-

quer sur cette gouttière une couhsse permettant aux pelotes de monter et de descendre , et d'atteindre ainsi, suivant les indications , les différents points de la longueur de l'artère.

Tels sont les éléments destinés à exercer la pression et la contre-pression. On voit qu'ils sont sujets à beaucoup varier; mais ce qui varie surtout, et ce qui compUque singulièrement l'étude des appareils , c'est V armature destinée à relier ensemble la pelote mobile qui comprime, et la contre-pelote ou la gouttière qui fournit le point d'appui.

On peut ramener la plupart des armatures à quatre types principaux : les ressorts, les anneaux, les arcs et les tiges arliculées.

Les appareils à ressort offrent la plus grande analogie avec les bandages herniaires. La pelote est maintenue en place et poussée sur l'artère par l'élasticité d'une lame métalUque recourbée sur le plat. Thillaye aîné paraît être le premier qui ait employé un appareil de ce genre (2). Dupuytren , en 1816, comprima pendant quelques jours l'artère iliaque externe à l'aide d'un brayer (3).

(1) Voy. plus loin , p. 831 , ùg. 39.

(2) yoy. plus haut, p. 077, obs. 22. — (3) IbicL, p. 701,

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