I. ANÉVRYSMES ARTÉRIELS
Ces anévrysmes peuvent être simples ou comphqués de rupture, d'inflammation, de gangrène, de lésions osseuses ou articulaù-es, etc. Les indications thérapeutiques varient suivant la nature et la gravité de ces compUcations.
1° Traitement des ancvrysmes artériels simples, considérés dans les diverses régions du corps.
Les anévrysmes de l'aorte thoracique ne peuvent être traités que par la méthode de Valsalva. Lorsque la tumeur, remontant au-dessus de la clavicule, ou perforant la paroi thoracique, forme une saillie accessible au toucher, on doit, à l'exemple de Pellelan, joindre à la méthode débilitante l'application d'une vessie pleine de glace (1). La galvano-puncture et les injections coagu-
11) Voy. plus haut , p, 205.
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Jantes ont été tentées sans succès dans les cas de ce genre, el je n'hésite pas à les proscrire d'une manière absolue (1).
Les anévrysmes du tronc brachio-céphalique seront traités d'abord par la méthode de Valsalva , aidée de la réfrigération. On pourra y joindre, si on veut, la compression delà carotide suivant la méthode de Vernet, à l'exemple de M. Lyon, qui en a obtenu un résultat avantageux, quoique passager (p. 795). Si ces moyens échouent, si on a liea de croire que la tumeur occupe surtout l'extrémité supérieure du tronc innominé, et que l'aorte n'est pas anévrysmatique, on pourra se décider à tenter l'application de la méthode de Brasdor, modifiée par MM. Wardrop et Fearn. La carotide sera liée la première ; si au bout de quelques mois la marche de l'anévrysme ne paraît pas arrêtée, on liera la sous-clavière en dehors des scalènes (2). Les préceptes relatifs au traitement consécutif des malades ont été exposés plus haiit (p. 650), et je n'y reviendrai pas.
La galvano-puncture et les injections coagulantes ont été appliquées au traitement des anévrysmes du tronc brachio-céphalique ; elles n'ont eu aucun résultat durable et je ne conseille pas d'y avoh' recours (p. 358 et /i03).
Les anévrijsmes de l'extrémité inférieure de la carotide doivent toujours être traités par la ligature de l'artère , appliquée au delà de la tumem% suivant la méthode et le procédé de Brasdor. La méthode de Yalsalva a quelquefois guéri ces anévi7smes, mais elle est très-incertaine et l'expérience, en outre, a prouvé que le procédé de Brasdor, dans les cas de ce genre, donnait d'excellents résultats (p. 6/i7).
Ici encore on a eu recours à la galvano-puncture et aux injections coagulantes. Trois malades ont été traités par l'une ou l'autre de ces méthodes. Ils ont tous les trois promptement succombé (p. 326, 331, 342, 382). Cet enseignement ne doit pas être perdu.
Les anévrysmes de l'extrémité supérieure de la carotide réclament la méthode d'Anel, c'est-à-dire la ligature de ce vaisseau à la partie inférieure du cou. Cette opération est loin d'être exempte
(1) roy. p. 305, 345, 381 et fi03.
(2) roty. sur cette question un mémoire important de M. Malgaignc, dans Revue méUicochUmrgicale, 1852, ï. XII, p. 27.
(le dangers, mais clic est encore supérieure à tous les autres moyens. La difficulté de comprimer exactement la carotide à l'aide d'un appareil , n'a pas permis jusqu'ici d'appliquer la compression indirecte au traitement de ces anévrysmes.
Pour les anévrysmes de la carotide interne et pour ceux qui occupent le tronc de la carotide externe près de son origine, on liera la carotide primitive au niveau du larynx.
Les anévrysmes de l'artère ophthalmique, branche de la carotide interne, ont été traités jusqu'ici par la ligature de la carotide primitive, par la galvano-puncture et par les injections coagulantes. La galvano-puncture a échoué, mais on n'en doit rien conclure ; c'était la première tentative de M. Pétrequin , et on peut dire que la méthode n'était pas encore constituée. Sur ce malade d'ailleurs, on avait déjà lié la carotide sans réussir à arrêter la marche de la tumeur. S'agissait -il bien réellement d'un anévrysme? Je ne me permettrai pas de le nier; mais je dois dire que l'observation est fort incomplète sous le rapport de la symptomatologie (1). Tout récemment M. Bourguet a guéri un anévrysrae de l'orbite au moyen d'une injection de perchlorure de fer (p. 381). Ces deux faits sont les seuls que je connaisse. D'autres cas d'anévrysme de l'artère ophthalmique ont été observés et vérifiés par l'autopsie, mais aucun traitement n'a été mis en usage (2). En l'absence de documents cliniques suffisants, il est bien permis de procéder par induction. Or, si nous tenons compte du siège de la tumeur, du petit volume de l'artère qui l'alimente, de la gravité de la ligature de la carotide pi-iraitive ou de la carotide interne, de la facilité avec laquelle l'hexagone artériel de la base du cerveau ramène le sang dans l'artère ophthalmique après la ligature, nous arrivons à cette conclusion , qu'avant de recourir à la méthode d'Anel, il serait prudent de faire quelques tentatives au moyen de la galvano-puncture, puis au moyen de l'injection du perchlorure de fer. Pendant la durée de ces deux opérations on immobiliserait autant que possible le sang dans l'anévrysme, en faisant comprimer par des aides intelligents les deux artères
(1) Voy. plus haut, p. 30G. Je n'.ni pas fait figurer ce fait sur la liste des riicidives cnns^cutivcs i la mélliodc d'Anel , parce t|iie l'observatioti manque enlif.'reni(:nt de dtilails et parce qu'il ne serait pas impossible d'élever des doutes sur l'exaciiludc du diagnostic.
(2) Voy. p. dft, en nnie.