CHOIX DES AIGUILLES
saut une grosse aiguille. La multiplicité des aiguilles n'empêche pas , en défmitive , l'électricité de pénétrer tout entière dans le sac ; mais, pour y pénétrer, elle suit à travers les parties molles plusieurs trajets isolés. L'irritation est ainsi rendue moins forte , et les chances de l'eschariflcation sont considérablement diminuées. Je rappellerai encore à ce propos ce que j'ai observé dans deux cas où j'ai employé trois aiguilles positives et une seule aiguille négative. L'aiguille négative unique, recevant toute l'électricité , détermina dans les tissus des lésions beaucoup plus considérables que les autres aiguilles. Ainsi, le principal avantage des aiguilles fines est tiré de la possibilité d'en introduire plusieurs pour chaque pôle. Certes, il ne serait pas impossible d'introduire delà même manière plusieurs aiguilles grosses, surtout lorsque l'anévrysme est volumineux; mais cela exposerait, sans la moindre utilité, à déterminer dans les parties molles une irritation plus considérable. Le trajet a en effet d'autant plus de chances de suppurer que l'aiguille est plus volumineuse.
On a craint que les aiguilles trop déhées ne fussent rendues cassantes par l'oxydation , et que leur pointe ne restât après la galvano-puncture dans le sac anévrysmal. Cette objection serait applicable tout au plus aux aiguilles très-oxydables ; elle est d'ailleurs entièrement théorique. Je ne sache pas que jamais, ni sur les animaux, ni sur l'homme, on ait vu la pointe de l'aiguille la plus fine se briser ainsi dans les tissus. — On a encore objecté que les aiguilles fines s'échauffent plus facilement que les autres et doivent exposer tout particuhèrement à la formation des ' eschares, erreur capitale que je n'ai plus besoin de réfuter. Je 1 crois pouvoir affirmer au contraire que les chances de l'escha- 1 rification, toutes choses égales d'ailleurs, sont plus considérables 1 lorsqu'on emploie de grosses aiguilles.
En résumé, je donne la préférence aux aiguilles vernies à leur I partie moyenne, large d'environ ^ millimètre et multiples pour chaque pôle.
Lorsqu'on a fait choix de la pile et des aiguilles les plus conve- I nables, on procède à l'opération. On se propose toujours d'ob- ; tenir la coagulation immédiate, parce que la coagulation consé- I cutive, due à l'inflammation, constitue un mode de guérison plus incertain et plus dangereux que le premier.
35/4 GALVANO-PUNCTURK.
Toutes les fois que cela est possible, on commence par exercer une compression méthodique sur l'artère au-dessous de la tumeur, afin de diminuer l'énergie de la circulation dans l'anévrysme et de protéger les caillots naissants contre la violence des courants sanguins. Pendant toute la .durée de l'opération , cette compression, faite soit avec les doigts, soit avec un tourniquet, doit être totale, c'est-à-dire poussée au point d'aplatir entièrement le vaisseau. Lorsque l'opération est terminée, on peut maintenir pendant quelques heures encore la compression totale , après quoi on la remplace par une compression partielle permanente qu'on laisse à demeure pendant plasieurs jours , afin de donner aux caillots le temps de se consolider. Je ferai connaître plus loin, dans le chapitre de la Compression indirecte, les appareils dont on doit se servir pour gêner le cours du sang artériel. M. Pétrequin, qui a insisté sur l'utilité de cette manœuvre auxi- Uaire, a peut-être eu tort de ne pas indiquer le degré de compression nécessaire en pareil cas. On n'a pas oublié qu'un tourniquet trop serré n'avait pas été étranger à la gangrène dont fut atteint le malade cité par M. Constant Roux. Mais revenons aux préliminaires de la galvano-puncture.
Lorsque le siège de la tumeur ne s'y oppose pas , il est bon , pendant la durée de l'opération, de comprimer également la partie du vaisseau située au-dessous de l'anévrysme. On a ainsi le double avantage de diminuer encore la quantité de sang qui passe dans la tumeur, et de forcer ce liquide à distendre fortement le sac. Je proposerais même de commencer par cette compression inférieure, et, lorsque la poche serait bien distendue, d'apphquer le tourniquet supérieur. La compression inférieure , ne devant être maintenue que pendant la durée de la^ galvano^ puncture, sera autant que possible rendue totale-, mais il est rai-e que le siège de la tumeur permette d'exercer celte compression inférieure avec toute l'efficacité désirable. Les anévrysmes du pli du coude ne s'y accommodent en aucune façon; ceux du jarret y sont encore plus réfractâmes; ceux de la sous-clavière , de l'axillaire ou de l'iUaque externe s'y prêtent au contraire fort bien , et lorsqu'on se décide à traiter ces anévrysmes par la galvano-puncture on doit d'autant plus tenir à la compression inférieure que a compression, môme passagère, de l'artère au-dessus du sac, est